Manuscrit enluminé des Chroniques de Froissart...

Lot 549
250 000 - 300 000 €
Result : 450 000 €

Manuscrit enluminé des Chroniques de Froissart...

Manuscrit enluminé des Chroniques de Froissart Jean FROISSART (1337-1404) Chroniqueur de l'époque médiévale, il est l'une des sources les plus importantes sur la première moitié de la guerre de Cent Ans. «Cy commencent les croniques que fist Maistre Jehan Froissart qui parlent des nouvelles guerres de France et d'Angleterre, de Bretaigne, Escoce et d'Espaigne». Manuscrit parisien, sur vélin, rédigé en français, sur 466 feuillets in-folio (356x264 mm) sur deux colonnes. Le manuscrit enluminé est contemporain de la première écriture des chroniques de Froissart. Texte Exécuté vers 1415-1420, le manuscrit contient le premier livre entier des quatre que forment les chroniques, depuis le couronnement du roi d'Angleterre, Edouard III, en 1326, et l'avènement de Philippe de Valois à la couronne de France, en 1328, jusqu'en 1379. C'est le récit d'une des périodes les plus dramatiques de l'histoire de France, la guerre de Cent ans, avec la monarchie naissante des Valois chancelant sous les coups de la royauté anglaise. Froissart avait été le témoin de ces événements bien qu'il n'ait vu aucune des batailles, mais avait toutefois approché la plupart des personnages cités. Décoration Le manuscrit est écrit en bâtarde noire et rouge avec lettres rondes et tournantes, enluminées, parfois grandes ornées et prolongées dans les marges par des antennes de feuillages et d'oiseaux. Le manuscrit possède 687 lettrines peintes dont 5 grandes. Les peintures qui l'agrémentent sont cinq miniatures à fond quadrillé, de la plus grande qualité, aux personnages dégingandés, à têtes rondes, typiques du Maître de Giac. Une première peinture, la plus importante, sur toute la largeur du feuillet, représente une scène où l'on voit Froissart présenter son livre à Edouard III, dans sa partie gauche et la visite d'Isabelle de France dans sa partie droite. Cette cérémonie, transcrite en image sur le vif, est ainsi décrite dans le catalogue La Vallière : «On voit d'un côté de cette miniature Edouard III, vêtu d'une robe d'écarlate semée de trois léopards, ayant une couronne ouverte d'or sur la tête, et étant assis sous un dais, sur un faldistoire ou fauteuil doré, derrière lequel sont deux hérauts d'armes. Froissart, vêtu d'une longue robe bleue, ayant la tête tonsurée, est à ses genoux et lui présente son livre. De l'autre côté, la reine Philippe de Hainaut, aussi couronnée et portant le même habillement que le roi, avec cette différence que le devant en est bleu et semé de fleurs de lis, présente un de ses fils au roi Jean II, qui y est figuré sous une haute stature, en robe bleue fleurdelisée, et portant une couronne d'or sur la tête.» Les quatre autres miniatures représentent : - le convoi mortuaire du duc de Bretagne - le couronnement de Jean le Bon à Reims, le 26 septembre 1350 - le couronnement de Charles V, le 19 mai 1364 - la défaite des anglais à la bataille de Tizech en Poitou, le 21 mars 1372. Artiste La décoration et les enluminures du manuscrit l'apparentent à certaines productions rattachées à l'atelier du «maître de Giac», enlumineur originaire de Troyes qui travailla à Paris de 1415 à1420, avant de rejoindre l'Anjou. Le Maître de Giac réalisa pas moins de huit volumes des Chroniques de Froissart, souvent en collaboration avec le Maître de Boèce qui en peignit quatre. Ils exécutèrent souvent leurs travaux pour de riches bourguignons ou armagnacs, travaux réalisés sous la direction du libraire Pierre de Liffol. La décoration que l'on retrouve dans l'exemplaire, se rapproche du Froissart de Michel de Laillier, de celui de Charles de Savoisy, du premier volume conservé à Besançon et du second volume de Tanguy du Chastel conservé à la Bibliothèque nationale. Le Maître de Giac fut longtemps confondu avec le Maître de Rohan, qui travailla après lui. La similitude entre la première planche quadripartite de l'exemplaire de Besançon et la bipartite du présent travail est saisissante. Les miniatures sont de très beaux spécimens de l'art de l'enluminure du début du quinzième siècle, en même temps que des documents historiques de première importance, les scènes et les personnages étant presque contemporains. Trente ans à peu près séparent ce manuscrit de la rédaction définitive par Froissart de ses Chroniques dont c'est l'un des plus anciens manuscrits connus. Reliure Belle reliure, sans doute exécutée par Derome pour le Duc de La Vallière, vers 1770. Elle est en maroquin rouge, avec un triple encadrement de filets dorés sur les plats; le dos, à nerfs, est orné de motifs dorés, le contreplat possède une dentelle intérieure, les tranches sont dorées. Indiqué par erreur 1740 sur le dos. Le manuscrit possède de minimes défauts, une petite déchirure à la page 47, un petit trou à la page 71, et une légère bavure page 17. Provenance : L'histoire de ce manuscrit se suit depuis le quinzième siècle : Le premier feuillet porte, ajoutées dans la marge inférieure, les armoiries de Louis Malet, seigneur de Graville (1437-1516), amiral de France,armoiries accolées à celles de sa femme Marie de Balsac d' Entragues. Les livres de Malet de Graville se retrouvent ensuite dans la collection d'Urfé, au château de la Bastie. Au dix-huitième siècle, le manuscrit réapparait avec la cote 33, dans la collection du duc de La Vallière (cat. I, 3, 1783, n°5049). Il passe ensuite chez Thomas Johnes of Hafod, le traducteur anglais de Froissart puis chez le duc de Newcastle à Clumber. L'ouvrage est vendu chez Sotheby's (Vente Clumber) le 6 décembre 1937 sous le n°943, puis chez Christie's le 17 juillet 1956 (n°232). Il figure, enfin, dans la collection R.G(aston) D(reyfus) (cat. Paris, 1966, n°8), et en dernier lieu dans la collection Robert Danon, veudu à Drouot le 21 mars 1973 (n°6).
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