Ecole française vers 1780

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Ecole française vers 1780

Portraits de Louis XVI et de Marie-Antoinette de profil Paire de dessins à la plume (accidents et nombreuses rousseurs). Au dos de chacun, une notice de catalogue de vente : «Dessin à la plume par BERNARD, maître d'écriture des pages du Roi de Pologne ... Repro. dans : Les nouvelles de Versailles 25 mai 1949 article de Jean des Vignes Rouges.» 37 x 24 cm C'était un déjeuner en petit comité, rue de la Ferme. Il réunissait Juliette Achard, Marcel Achard, le Commandant et moi. Jeune étudiante, je venais de m'installer dans un appartement de l'hôtel des Ambassadeurs de Hollande donnant sur une ravissante cour intérieure. La conversation tournait autour de mon installation : « Tu es heureuse ? Tu as tout ce qu'il te faut ? - Oui, Commandant, il me manque simplement un Frigidaire. - Pourquoi faire ? - Garder au frais quelques nourritures ! - Cela ne sert à rien ! » C'est ainsi que le lendemain, je reçus un coup de téléphone de madame Achard, qui me demandait quelle taille je voulais pour mon Frigidaire. Puis un autre appel du bureau du Commandant m'annonçant qu'il me ferait livrer une commode Louis XV dans l'après midi... Voilà une des nombreuses anecdotes que je voulais vous conter pour vous montrer à quel point le Commandant n'était pas un grand père comme les autres. D'ailleurs, il ne fut jamais question de l'appeler « grand-père ». Du plus loin que je me souvienne, sa fille, son fils, ses proches, ses amis, ses relations, son personnel, tout le monde l'a toujours appelé Commandant. La question ne s'est jamais posée. Mes amies avaient un grand-père, moi j'avais un Commandant. Il avait de nombreuses maisons, toutes meublées avec beaucoup d'attention et un soin extrême. Chaque table, bonheur du jour, guéridon, fauteuil, soupière... le moindre objet était choisi, pensé, réfléchi suivant le lieu et la place qui lui étaient attribués. Toute nouvelle acquisition était pour lui une joie. Le Commandant se délectait de l'idée de l'achat, de la vente aux enchères à venir, de l'arrivée du meuble, de la surprise à l'ouverture de la caisse. Il voulait tout savoir sur la provenance, l'appartenance, l'histoire de chaque pièce. Il voulait connaître l'impossible. Il remuait ciel et terre pour avoir des détails, et des détails de détails. Rien ne l'arrêtait lorsqu'il avait décidé d'un achat. Avec son petit sourire, il finissait toujours par obtenir ce qu'il désirait. Ce fut un grand-père à la fois érudit et secret. Il m'arrivait de dîner le dimanche soir en tête à tête avec lui dans sa cuisine ; il me racontait alors quelques histoires plus personnelles, ponctuant ses phrases de longs silences qu'il ne fallait surtout pas interrompre, sous peine de ne plus avoir de confidences. Oui, ce fût un grand-père étrange et fantasque, original et sévère, drôle et curieux. Il était à la fois proche et lointain, et nous a permis de connaître de nombreuses personnalités. Il adorait les grands dîners, les fêtes, mais il était toujours attentif à sa famille et ne manquait pas de réunir les cousins de toutes les générations chaque été dans sa propriété du midi. Absent de ces vacances familiales, il connaissait pourtant les progrès à ski nautique de chacun de nous ! Je l'imagine à Drouot, aujourd'hui, musardant entre les lots, heureux de voir une si belle vente, allant d'une pièce à une autre, écoutant, l'air de rien, chaque commentaire, posant des questions en apparence anodines, puis repartant, ses choix parfaitement arrêtés. Un jour, lorsque je lui demandais ce qu'il pensait de Picasso, de Villéglé, je vis son fameux petit sourire réapparaître... Je ne pus rien savoir de plus. Il était principalement attiré par la peinture classique ; il aimait jusqu'aux impressionnistes. Aujourd'hui, je ne peux rien savoir de plus. Le Commandant m'a transmis l'amour du beau et le goût de la collection, il savait que chaque génération constituerait la sienne propre. Merci à ma mère, sa fille ainée, d'avoir su préserver cette histoire. Merci au Commandant de m'avoir tant appris. Tina Bernachon Irisarri Le Commandant Paul-Louis Weiller (1893-1993) Né le 29 septembre 1893, Paul-Louis WEILLER est le fils de Lazare Weiller, grand industriel et homme politique ayant marqué la IIIe République. Héros de guerre et pionnier de l'aviation Il reçoit à 15 ans, pour le récompenser de sa réussite au baccalauréat, un baptême de l'air sur l'aéroplane de l'américain Wilbur Wright. Il est mobilisé à 20 ans comme sous-lieutenant dans un régiment d'artillerie. Détaché sur sa demande dans l'aviation, d'abord comme observateur, il obtient son brevet de pilote en 1915. Lieutenant en 1916, commandant d'escadrille en 1917, il devient le 4 janvier 1918 le capitaine d'un groupement qui portera son nom. A l'origine de la photographie aérienne, il est plusieurs fois abattu et blessé lors de ses vols. Déjà collectionneur dans l'âme, il accumule alors les décorations : 12 citations dont 10 à l'Ordre de l'Armée, Croix de Guerre et fait Officier de la Légion d'Honneur en 1918 par le Maréchal Foch à tout juste 25 ans. Paul-Louis Weiller tirera de ses faits d'armes le surnom de «Commandant» qui sera toute sa vie accolé à son nom. Patron d'industrie Dès 1922, Paul-Louis Weiller développe la plus importante entreprise de construction de moteurs d'avion, Gnome & Rhône, qui devient en 1945 la SNECMA. Il implante alors la fabrication sous licence de ses moteurs dans neuf pays d'Europe. Parallèlement, il organise les premières lignes régulières vers la Pologne, Athènes, Budapest, Belgrade et Bucarest, il fonde Air Afrique et il achète, à partir de 1925, le capital de la compagnie aérienne CIDNA qui devient Air France après sa nationalisation en 1933. En 1940, le commandant est arrêté par le gouvernement de Vichy, déchu de la nationalité française en raison de ses origines juives et de son refus de transférer son usine en Allemagne. Il s'évade en janvier 1942, fuit à Cuba puis rejoint le Général la Flèche, ministre de la guerre au Canada. Collectionneur et esthète Il ne regagne l'Europe qu'en 1947, rétabli de ses droits, de ses décorations et de ses biens, il se consacre essentiellement à partir de cette date à la finance, au mécénat et à la philanthropie. «Paul-Louis XIV», comme le surnommait Greta Garbo, mène une intense vie mondaine. Il fréquente, dans un tourbillon de réceptions, les Familles Royales d'Europe, les grands hommes d'affaire et politiques (tels Aristote Onassis, Henry Ford, Jean Paul Getty, Richard Nixon, Georges Pompidou ...), les personnalités des arts et des lettres qu'il rassemble dans le dernier des salons parisiens. Propriétaire boulimique, il collectionne les maisons qu'il aime ensuite meubler et agrémenter. Il restaure le magnifique «Hôtel des ambassadeurs de Hollande», rue Vieille du Temple, où il installe sa Fondation, loge de jeunes artistes tels que Roger Vadim et Roland Petit, donne de somptueux dîners et organise une soupe populaire où près de cinq cents mille repas seront servis. Ami de Gérald Van der Kemp, Paul-Louis Weiller soutient financièrement et par son influence la rénovation du Château de Versailles. La défense de l'art et des artistes lui vaut d'être nommé Commandeur des Arts et des Lettres, puis élu en 1965 membre de l'Académie des Beaux-Arts, dont il devient président en 1980. Collectionneur éclairé, sa devise est : «S'entourer de tout ce qui console». Sa soif de beautés le mène à réunir des trésors dans les domaines des livres et des bijoux dont il est expert mais également dans le mobilier, les tableaux, l'orfèvrerie, les jades et les céramiques de Chine. Provenance : Marquis de Lur-Saluce, Comtesse de Montjoie.
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