YEMEN. MER ROUGE. ARABIE. PIRATERIE MAURESQUE. - Lot 169

Lot n° 169
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YEMEN. MER ROUGE. ARABIE. PIRATERIE MAURESQUE. - Lot 169
YEMEN. MER ROUGE. ARABIE. PIRATERIE MAURESQUE. [Récit de la prise du vaisseau le Neptune par les Maures]. S.l.n.d. [Mer Rouge, Océan Indien], (ca 1743-1748). Manuscrit anonyme, 11 pp. numérotées à l’encre, sur 4 feuilles de vergé filigrané au format petit in-folio plié (soit 3 bifeuillets). (Le premier feuillet est déchiré à la pliure, oxydation générale du papier, légères brunissures et salissures en tête et bords du document). Très intéressant témoignage d'un des membres de l'équipage du Neptune. 25-28 lignes par pages, d’une écriture grande et lisible, à l’encre brune. L’auteur du récit semble s’adresser au lecteur putatif une seconde fois dans son “rapport” ou courrier, mais l’absence de mention d’appartenance, signature ou récipiendaire ne permet pas d’aller plus loin sur certaines interrogations. Si nous manquons d’information sur son statut sur le bateau nous pouvons déduire du récit qu’il n’était pas subalterne ou matelot, en effet il évoque sa “maison “ (sa cabine personnelle), la boucle d’argent de son ceinturon qui le protégea, les “boutons de son habit” qui lui sont volés par les cipayes, laissant penser qu’il avait un rang bourgeois ou encadrant, voire de petite noblesse militaire. Le récit, factuel, et par moment violent et dramatique, sur l’attaque et le sort de l’équipage semble dénué des tropes classiques du récit aventureux faussement mémoriel, ce qui encourage à le considérer comme véritable témoignage historique. [Le Neptune, 3e du nom, vaisseau de 700 tonneaux, en armement en février 1739, part pour la Chine en janvier 1740 ; condamné lors de son 3e voyage à Pondichéry, peut-être vers 1745. Bâtiment qui fut pris par des pirates Maures au large de Mahé (Inde) alors comptoir de la Compagnie française des Indes Orientales installé en 1721]. Notre témoin explique « Je m'embarquais sur le vaisseau le Neptune pour le voyage de Moka en Arrabie (ici la ville de Mokha ou Mokka, ville portuaire du Yémen) pour lequel je suis parti de Pondichéry le 9 de février 1743. (…) Nous arrivâmes à Mahé qui est un comptoir de notre nation situé à la côte de Malabar (…) nous restâmes à ce comptoir pour prendre des marchandises de cette cote jusqu'au 11 mars quand nous appareillâmes pour faire route à la cote d’Arabie… ». Après un long récit de la prise terrible et sanglante du Neptune par les pirates, les morts violentes et la peur, notre témoin blessé, après avoir du faire profil bas - “j’en aurais bien eu un 3e qui ne m’aurait manqué si un des chefs (...) les empêcha et m’ordonna de lui faire Salam...” - reprend espoir « le vingt-deux au matin, ils ne se méfièrent pas de trois vaisseaux portugais qui étaient en rade de Mangalore (...) Ils crurent que c'était un de leurs vaisseaux qui revenait de Chine, car la confiance des bouselots était bien fondée, puis qu'ils étaient en traité de paix avec les Portugais et même ces pirates crurent que les Portugais faisaient route pour se retourner à Goa » ; « Pour lors, ces pirates revinrent rejoindre notre vaisseau, mais ils ne s'attendaient pas à ce que les vaisseaux portugais attendent la nuit pour courir sur nous (...) Les Portugais, qui nous firent une action si généreuse, n'en agirent pas de même par la suite, car non seulement ils nous traitaient en prisonnier, mais ils agirent avec nous comme des pirates. Je ne peux pas vous en dire davantage, cela serait trop long »...
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