Salvador DALI (1904-1989) - Lot 31

Lot n° 31
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Estimation :
50000 - 70000 EUR
Salvador DALI (1904-1989) - Lot 31
Salvador DALI (1904-1989) Moïse et Akhenaton, 1974 Gouache, aquarelle, encre et encre de Chine, eau-forte sur papier épais, Filigrane en haut à gauche, visible en partie "Arches". Signée en bas au centre au feutre « S. Dalí » 65 x 50,3 cm (irrégulier) Provenance: -Collection Ariane Lancell, éditrice d'art -Acquis par Madame H. le 15 janvier 1976 d'Ariane Lancell (sous le titre "Bicéphale pour la somme de 90 000 FF, copie de la facture jointe) -Dans la descendance de Madame H. Bibliographie : -Graphic Works, Albert Field, Ed. The Salvador Dali Archives, New York, 1996 ; p.100. -Moses and Monotheism, 1974 de Sigmund Freud illustré par S. Dali, Art et Valeur, Paris, Illustré sous le n°75. Il s'agit d'un des 10 originaux préparatoires à l’ouvrage "Moise et le Monothéisme" (Moses and Monotheisme) de Sigmund Freud. Cet ouvrage contient 10 lithographies d’après les gouaches, les gravures et les dessins originaux de l’artiste. L’œuvre est répertoriée sous le n° d7813_1974 des Archives Salvatore Dali. L'authentification a été confirmée par Messieurs Nicolas et Olivier Descharnes. Un certificat pourra être délivré après la vente aux frais de l'acquéreur. Moïse et le Monothéisme illustré par Dali, 1974 L’ouvrage est réédité en 1974 par Art et Valeurs à 250 exemplaires et comprend deux parties, l’une pour le texte de Freud, l’autre pour les planches de Dali. Il comprend 14 illustrations gravées sur bois et 10 planches en couleurs sur peaux d’agneaux, chacune regroupant une gravure en taille-douce au centre, en partie recouverte d’une lithographie colorée. La couverture est une plaque en métal repoussé figurant le Moïse de Michel-Ange réinterprété par Dali. Moïse et Akhenaton est l’une des gouaches préparatoires à l’illustration de l’ouvrage de Freud par Dali. La thèse de Freud dans Moïse et le monothéisme, 1939 Moïse et le monothéisme est le dernier des trois essais sur l’identité juive où le fondateur de la psychanalyse examine les origines du monothéisme en Égypte. La découverte en 1887 des tablettes d’Amarna révèle la mise en place du monothéisme en Égypte, sous le règne du Pharaon Akhenaton. Des égyptologues dont l’américain Breastead (1894) puis Weigall, (1910) associent étroitement Akhenaton, qui avait aboli l’ensemble du Panthéon égyptien pour un dieu unique, le Dieu Soleil Aton, au récit biblique. Cette thèse aujourd’hui partiellement contestée, affirme que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un souverain a dénoncé l’opposition entre faux dieux et vrai Dieu et attribué la Création à un seul Dieu. Dali, Freud et la psychanalyse Dali, dès les années 1920, a lu l’Interprétation des rêves de Freud. Dali va développer son orientation artistique en fonction de l’intérêt profond qu’il porte à la psychanalyse freudienne et de la connaissance qu’il en a. C’est en effet sur la base de son exploration de l’inconscient, et du sien propre exprimé en terme picturaux, qu’il a fondé sa contribution au Surréalisme. Freud et Dali : Rencontre en 1938 « Quelques années après ma dernière tentative pour rencontrer Freud, je dînai avec quelques amis dans un restaurant de Sens. Je mangeai mon plat favori – des escargots – lorsque j’aperçus, par-dessus l’épaule d’un voisin, la photo du maître en première page d’un journal. Je me procurai aussitôt un exemplaire qui annonçait l’arrivée de Freud à Paris, en exil, et je poussai un cri. A l’instant même, je venais de découvrir le secret morphologique de Freud. Son crâne était un escargot. Il n’y avait plus qu’à en extirper la cervelle avec une épingle. Cette découverte influença profondément le portrait que je fis de lui, un an avant sa mort. » Moïse et Akhenaton, l’oeuvre préparatoire à l’ouvrage, 1974 Une croix de vie surmonte les personnages. Celle-ci est un symbole égyptien, issu du hiéroglyphe représentant le mot « ˁnḫ, » qui signifie « vie ». Ce caractère hiéroglyphique était utilisé par les égyptiens pour symboliser la vie. Comme toutes les civilisations religieuses, ils pensaient que le séjour sur terre n’était qu’une fraction de la vie éternelle. Dali place ce symbole (traité dans une texture molle) au-dessus d’un personnage bi-morphe représentant probablement Adam et Ève. Leur attachement siamois symboliserait le fait que la femme est née de l’homme, Ève naissant de la côte d’Adam. La croix égyptienne (la Vie) surplombe les deux premières créatures de l’Ancien Testament. L’imagination de Dali circonscrit la scène d’éléments de la Création : un astre enfusion qui représente l’univers cosmique, un animal fantastique et monstrueux en bas à gauche, un vautour symbolisant la mort. D’autres symboles, de la mythologie dalinesque souvent cauchemardesques issus de son enfance et répétés dans toute son
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