Marc CHAGALL (1887 - 1985) [FRANCE / RUSSIE] - Lot 30

Lot 30
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Estimation :
60000 - 100000 EUR
Marc CHAGALL (1887 - 1985) [FRANCE / RUSSIE] - Lot 30
Marc CHAGALL (1887 - 1985) [FRANCE / RUSSIE] L'Écuyère ou Cirque, 1952 terre blanche, décor aux engobes et aux oxydes, gravée à la pointe sèche sous couverte. Cachet peu lisible "Madoura Plein feux" situé au revers du plat. 4,7 x 39,5 cm Pièce unique Enregistré sous la Ref C.184 du catalogue raisonné numérique des céramiques de Marc Chagall. Certificat à la charge de l'acquéreur. Nous remercions le Comité Chagall pour les informations qu'il nous a fournies sur cette oeuvre. Provenance: Acheté en 1952 à la Galerie Maeght, lors de l’exposition « Céramiques Sculptures et Les Fables de la Fontaine ». Cette même année, le plat en céramique fut offert en cadeau de mariage aux parents de l’actuel propriétaire et conservée depuis dans la même famille. Exposition : Marc Chagall : Céramique, sculptures et les fables de la Fontaine, galerie Maeght, Paris, 21 mars 1952 - 20 avril 1952 Bibliographie : -Charles Sorlier, "Les céramiques et sculptures de Chagall", Edition Sauret, 1972, n°136, ill. page 157 -Sylvie Forestier - Meret Meyer "Chagall e la ceramica", Milan Fig 252, n°133 p 169 -Sylvie Forestier - Meret Meyer "Les céramiques de Chagall", Paris,1990, fig 252, page 169. -"Marc Chagall et les revues d'art, De couleur et d'encre", Directrice de publication GAUTHIER, Ambre (cat. exp., Nice, Musée national Marc Chagall, 10 octobre 2020 - 26 avril 2021), Paris, RMN-Réunion des Musées nationaux, 2020, fig. 6, ill. p. 17. C’est en 1913 que le cirque apparaît pour la première fois dans l’œuvre de Chagall, au travers d’un dessin intitulé l‘Acrobate. Après la Première Guerre Mondiale, le marchand Ambroise Vollard, qui a sa loge au Cirque d’hiver, y invite régulièrement l’artiste et lui commande une série de gouaches destinées à l’illustration d’un ouvrage sur le cirque. Ce dernier ne verra pas le jour, mais Chagall réalise néanmoins un ensemble de 19 gouaches qui porte le nom de Cirque Vollard. A nouveau, dans les années cinquante, le peintre dit au travers de son œuvre son admiration pour les clowns et les acrobates et souligne la proximité des artistes du cirque. CHAGALL ET LA CÉRAMIQUE Depuis 1946, Picasso s’exerce à la céramique dans l’atelier Madoura, du couple Ramié à Vallauris. En 1949, Matisse intègre un décor céramique dans la Chapelle de Rosière à Saint-Paul-de-Vence. Les marchands encouragent les peintres célèbres à s’adonner à la céramique, comme Aimé Maeght qui soutient la collaboration du peintre Joan Miro avec Les ateliers Artigas. En 1949, Chagall s’installe avec son épouse à Vence, où il acquiert une maison « Les Collines ». La présence d’autres artistes dans une proximité géographique et ce contexte méditerranéen, ont sans aucun doute, aussi compté pour le peintre. Pour tous, la traditionnelle frontière entre art majeur et art mineur est abolie au profit d’une démarche créatrice qui explore tous les matériaux. De 1949 à 1972, 220 pièces uniques (plat, carreaux, plaques et vases) sont réalisées par Chagall avec la complicité des praticiens du couple Ramié qui lui a ouvert son atelier. Chagall reprend des sujets traités auparavant en peinture et en gravure : les Fables de La Fontaine, le cirque, un cycle sur les monuments parisiens (1952–1954) puis, Le Message Biblique, 17 grands tableaux qui reprennent les épisodes des livres sacrés : Genèse, Exode, Cantique des Cantiques mais aussi le Nouveau Testament. Chagall revêt parfois la terre colorée d’un émail blanc qu’il décore d’oxydes, il utilise également des engobes gravés au couteau avant la couverte finale. Au milieu des années cinquante, il fait preuve d’une grande originalité en réalisant des pièces de forme décorées de somptueux motifs colorés. L’ECUYERE ou LE CIRQUE (1952) Les deux acteurs s’inscrivent dans une composition circulaire imposée par la forme du plat qui évoque aussi la rotondité de la piste. Y correspondent plastiquement les arabesques des bras de l’écuyère et les lignes souples du corps de l’animal. L’objet resplendit des oxydes de couleurs posés sous la couverte cristalline, ces derniers appliqués sur une terre colorée à engobes. L’artiste a délicatement incisé les émaux au stylet. Chagall reprend un thème largement exploré dans ses peintures, ses gouaches et ses gravures. Avec son dessin souple et ses émaux aux couleurs féeriques, Chagall suggère ici sans doute la thématique du désir : le robuste cheval, bondissant, retourne ostensiblement sa tête vers la fragile danseuse. On rapprochera, d’une manière probante, notre céramique d’une gouache postérieure, récemment entrée dans les collections du Musée National d’Art Moderne "L’Écuyère au Cheval Rouge" circa 1970 (donation Meret Meyer, 2022). Ces informations sont redevables de l’ouvrage « La Terre est si lumineuse-Chagall et la céramique ». Ed. Gallimard, catalogue de
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