Tasse et soucoupe en porcelaine Imari montées en or avec une - Lot 62

Lot n° 62
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Estimation :
25000 - 30000 EUR
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Résultat : 18 000EUR
Tasse et soucoupe en porcelaine Imari montées en or avec une - Lot 62
Tasse et soucoupe en porcelaine Imari montées en or avec une cuiller et son coffret A gold-mounted Imari porcelain cup and saucer with gold spoon and fitted case Porcelaine : Japon, fin XVIIe – début XVIIIe siècle Monture : Paris, 1727-32 ; maître orfèvre : Jean II Gaillard (actif 1695-1754) H. tasse : 7 cm ; diam. soucoupe : 15,5 cm Pds tasse : 155 g ; soucoupe : 156 g ; cuiller : 33 g Poinçons : Une masse de chancelier couronnée : décharge pour les menus ouvrages 1722 – 1732 (tasse et soucoupe). Une tête de dauphin couronnée : charge pour les ouvrages d’or 1722-1732 (tasse). Une fleur de lys : décharge pour les menus ouvrages 1717- 1722 (cuiller). Fleur de lys couronnée, J.G., un phénix surmonté d’un soleil rayonnant et deux grains : Jean II Gaillard (tasse). Provenance : E & H Manners, Londres, 2008 ; Collection privée européenne ; Sotheby’s, Londres, Treasures, 5 juillet 2023, lot 11 ; Collection privée, France. Bibliographie comparative : H. Nocq, Le Poinçon de Paris, Paris, 1927, tome 2, p. 204. J. Whitehead, “The Posthumous Inventory of the Regent”, in : French Porcelain Society Journal, 2003, pp. 11-45.3. F. J. B. Watson, Mounted Oriental Porcelain in the J.Paul Getty Museum, Los Angeles, 2012, p.30. La porcelaine est ornée d’un décor peint en bleu, rouge, vert et or, représentant des motifs floraux et des branches de prunus. L’intérieur de la tasse est doublé d’or. Son encolure et sa base sont également ornées d’une monture unie en or. La soucoupe est montée avec une fine bordure moulurée en or. La cuiller en or est décorée sur le manche d’un motif de deux plumes ciselées séparées au centre par une fleurette. La spatule est ornée d’un buste féminin de profil sur la face et d’un cartouche cordiforme au revers. L’ensemble est présenté dans son écrin en placage de bois de violette, dont le couvercle est marqueté. État : bon Au début du XVIIIᵉ siècle, la porcelaine japonaise devient plus accessible en Europe, bien qu’elle demeure un objet de luxe très recherché. Son montage en argent, et plus exceptionnellement en or, ne relève alors plus uniquement de sa rareté, mais devient un marqueur de raffinement esthétique. Importée principalement via Amsterdam, cette porcelaine est ensuite montée à Paris par les marchands-merciers. L’intérêt de l’aristocratie française pour ces objets précieux est attesté par le tableau Le Déjeuner (1723) de Jean-François de Troy, où une jeune femme est représentée avec une tasse et une soucoupe bordées d’or, accompagnées d’un écrin en bois similaire au nôtre. Toutefois, si de nombreux exemples de porcelaine montée en argent ont survécu, les pièces montées en or demeurent extrêmement rares et réservées à une élite sociale. Louis XIV lui-même possédait une tasse en porcelaine d’une grande finesse, ornée d’un cercle d’or à la base et de deux anses en forme de serpents également en or (cf. Watson, 2012, p.30). Quelques pièces emblématiques ont été conservées, notamment un service à thé monté en or, autrefois propriété de la duchesse d’Orléans, et aujourd’hui conservé au Louvre (inv. OA1237 1-11). Ce service comprend deux tasses et soucoupes aux montures similaires à la nôtre, ainsi que deux cuillers ornées de bustes en profil, frappées de la même décharge. Un autre exemple notable est une tasse et une soucoupe montées en or avec leur cuiller, datées de Paris en 1723 (vente Pescheteau-Badin, hôtel Drouot, Paris, 19 octobre 2009, lot 56). Cette pièce rappelle un objet décrit dans l’inventaire de 1724 de Philippe II, duc d’Orléans, régent de France (1715-1723) : « Une petite boette quarrée de verni dans le goût de la Chine, doublée de velours rouge, dans laquelle est un gobelet et sa soucoupe de porcelaine blanche piquée d’or, le gobelet double d’or, le pied dud. gobelet et le tour de la soucoupe garnis d’or, une cuillère d’or, 300l. » (cf. Whitehead, pp. 11-45.3). L’orfèvre Jean Gaillard (actif entre 1695 et 1754) s’est spécialisé dans le montage en or d’objets précieux. Parmi les œuvres portant son poinçon figurent un pot en cristal de roche monté en or (Paris, 1726, vente Christie’s, Paris, 4 octobre 2012, lot 48), un pot couvert en porcelaine de Meissen, décoré dans le style Kakiemon (Paris, 1731, collection J.Kugel, 2022), ainsi qu’une tabatière en or et pierres dures (Paris, 1744, musée du Louvre). Une aiguière en cristal de roche montée en or (Paris, 1731), aujourd’hui conservée dans la Wallace Collection (inv. W198), illustre également son savoir-faire. En 1754, il fut sanctionné par la communauté des orfèvres parisiens pour possession d’un saleron en argent non marqué, ce qui entraîna une amende et une suspension de son activité (cf. Nocq, tome 2, p. 204).
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