Chope en argent et argent doré - Lot 31

Lot n° 31
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Estimation :
20000 - 22000 EUR
Résultats sans frais
Résultat : 23 000EUR
Chope en argent et argent doré - Lot 31
Chope en argent et argent doré A parcel-gilt silver tankard Augsbourg, 1690-95 Maître orfèvre : Daniel Schwestermüller (actif 1673-1695) H. 24 cm ; pds 1331 g. Poinçons : Pyr d’Augsbourg : 1690-1695 (Seling, n°146). DS : Daniel Schwestermüller (Seling, n°1721). Provenance : Alain et Marie de Rothschild, Hôtel Marigny, Paris. Vente Lempertz, Cologne, 16 novembre 2018, lot 1112 ; Collection privée. Bibliographie : Alexandre Serebriakoff. Portraitiste d’intérieurs, catalogue d’exposition : musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Paris, 1994, pl. 4. Bibliographie comparative : H. Seling, Die Kunst der Augsburger Goldschmiede 1529 - 1868, Munich, 1980. La chope est décorée de scènes en relief illustrant l’histoire de Céphale et Procris en argent découpé laissant apparaître le cylindre d’argent doré en arrière-plan. Dans un décor boisé, d’un côté, Céphale est assis et habillé à l’antique avec une cuirasse d’écailles. Il reçoit les cadeaux de Procris : le chien Lelaps, qui est couché près de lui et qu’il tient en laisse, et le javelot garni de pennes qu’il saisit de sa main gauche. Procris qui se tient debout à côté de lui, est vêtue d’une robe longue et d’un corsage. De l’autre côté, Adonis ( ?) debout, représenté les cheveux longs, une lance dans la main et portant une cuirasse à l’antique, part pour la chasse. À ses côtés, Vénus ( ?), vêtue d’une robe et d’une tunique, pose sa main sur l’épaule de son amant en lui souriant. À gauche de la scène, un jeune serviteur retient deux chiens debout qui attendent leur maître. Au-dessus de ce décor, un bandeau d’argent doré uni, bordé de filets gravés, forme le haut de la chope. Le couvercle en dôme à bord ondulé porte un décor en argent repoussé partiellement doré, représentant un phénix aux ailes déployées, des volutes, des oiseaux et des fruits, entourant une terrasse plate et circulaire sur laquelle est vissée la prise. Celle-ci figure un jeune Bacchus coiffé d’une couronne de raisins et feuilles de vigne. Le genou au sol, la jeune divinité porte une grosse grappe sous son bras droit et lève sa main gauche qui tient du raisin. L’appui-pouce en forme de V est de style auriculaire et attaché à la charnière cylindrique du couvercle. L’anse est en console et la base est un rappel du bord ondulé et du décor repoussé du couvercle, avec des oiseaux et des fruits partiellement dorés. Un S est gravé sous la chope. État : bon L’épisode de l’histoire de Céphale et Procris représenté sur notre chope est celui qui précèdent le destin tragique des deux amants. Précédemment, Céphale avait éveillé la passion d’Éos (l’Aurore). Pour l’éloigner de son épouse, Procris, qui était d’une grande beauté, Éos le poussa à tester sa fidélité. Déguisé, Céphale parvint à séduire Procris, puis la rejeta. Honteuse, elle s’exila en Crète, où Diane lui offrit un chien infaillible, Lelaps, et un javelot magique. De retour sous une nouvelle apparence, elle séduisit Céphale, qui accepta ses avances en échange des présents divins. Une fois reconnue, ils se réconcilièrent. C’est de ce javelot, lors d’une chasse, que Céphale tuera Procris par erreur, croyant avoir débusqué un gibier, alors qu’il s’agissait de sa bienaimée qui, jalouse, se cachait pour l’espionner. De douleur il se transperça à son tour. L’autre scène montre probablement Vénus essayant de retenir Adonis qui part pour la chasse qui lui sera fatale, lorsqu’un sanglier le blessera mortellement. Ce décor, dont le modèle n’a pas été retrouvé, a été utilisé par Daniel Schwestermüller sur une autre chope (Dorotheum, Vienne, 19 juin 2024, lot 4), ainsi que par un autre orfèvre d’Augsbourg, Gabriel Bessmann, vers 1689-1692 (Christie’s, Londres, 14 novembre 2019, lot 461). Notre coupe est représentée sur une aquarelle d’Alexandre Serebriakoff, représentant la Galerie de l’Hôtel Marigny, faisant partie de la série réalisée pour les Rothschild dans cette demeure en 1972. Avec d’autres pièces d’orfèvrerie allemande, on la reconnaît posée sur un meuble à hauteur d’appui en marqueterie Boulle, entre une coupe couverte et un automate de Diane sur son cerf (cf. exposition Malmaison 1994, pl.4).
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