LONGWEI GONG

Lot 55
Résultat : 1 600 000 €

LONGWEI GONG

ESTIMATION SUR DEMANDE « RHYTON EN FORME DE QUEUE DE DRAGON » Vase long wei gong, rhyton sculpté à partir d'un galet de jade vert fortement marqué de brun-rouille, décoré de deux demi-phénix ou dragons parmi des enroulements de style archaïque. A l'intérieur, tout autour de l'ouverture, un important poème daté de l'année yisi du règne de l'empereur Qianlong. Chine, Epoque Qianlong. Daté de 1785 Haut : 22,5 cm Le poème peut se traduire : «Le rhyton longwei gong existe depuis les Trois Dynasties1, Il fut appelé ainsi de génération en génération dès l'époque des Han. Le gisement de Hetian existe depuis la création de l'univers, Il est même de beaucoup antérieur au peuple chinois Han. Bien que ce bloc de jade ne soit pas à l'origine désigné comme un rhyton gong, Parce qu'il a reçu le souffle du jade pendant des années sans nombre, Parce que l'artisan en a magnifié la quintessence en le taillant en rhyton, Il n'est nullement différent des vases en bronze zun des Shang et you des Zhou. Quelle importance s'il contient cinq ou sept mesures sheng ? Comment peut-on aujourd'hui sculpter le jade comme on travaille le bois ? Ce travail médiocre d'une banalité infinie Quand je le regarde, j'en ai le coeur serré pour le tort causé au jade. Je voudrais faire tourner le regard de l'artisan vers les temps anciens, Pour qu'il s'inspire des règles établies par le Kao gong ji2 dans l'Antiquité. Elles ont permis que soit réalisée cette merveille. Le vert céladon des Song et le blanc de Chu ainsi que les nuages... Le coup de ciseau en bronze rouge de Kunwu3 est celui d'un égal du Grand Lu Zigang4. Devant cette oeuvre, je suis empreint de respect et de mélancolie. S'il est aisé de faire retour au passé par le biais d'un objet, En est-il de même pour le monde ?» 1. Les trois dynasties sont celles des Xia ?, des Shang ? et des Zhou ?. 2. Le Kao gong ji ??? ou «Mémoire sur les métiers». Plus ancien des textes techniques à avoir été conservé, il fut intégré au Zhou li ou «Rituel des Zhou». 3. Le ciseau rouge fait allusion au Kunwu dao ??? dont la légende dit qu'il fut fabriqué avec le bronze rouge feu de la Montagne Kunwu et qu'il coupait le jade comme de l'argile. 4. Lu Zigang ??? célèbre sculpteur de jade de la dynastie Ming. Traduit par le Dr LIANG Lian, historienne d'art, spécialiste en art chinois, Paris. Ce poème figure dans le « Recueil des poèmes composés par l`empereur Qianlong sur les objets réalisés par les manufactures impériales du Palais » (Qianlong yuzhi wenwu jianshangshi), p.615, éd. Shumu wenxian chubanshe (Maison d`édition des classements des titres des livres et des archives), 1993, Qinhuangdao de la province du Hebei, où il est intitulé Yong Hetian yu longweigong ??? ???? (« Eloge d'un rhyton en forme de queue de dragon en jade de Khotan ») Inscription impériale (par l'empereur Qianlong) de l'année yisi de l'ère Qianlong (1785). Deux sceaux de l'empereur Qianlong : bide ?? «Vertus unies» et langrun ?? «Brillantes gratifications». - Deux petits cachets portant ces légendes sont attestés sur une peinture de paysage de Zou Yigui marquée par l'empereur. L'empereur Qianlong, grand collectionneur d'objets d'art de toute époque, ancienne et moderne, et de tout matériau, fut sans aucun doute le plus grand mécène et le plus ferme protecteur des métiers d'art de l'histoire de la Chine. C'est ainsi qu'il faisait fabriquer dans les ateliers impériaux des objets de conception nouvelle ou à l'imitation de l'ancien. De ce fait il recevait, en cadeau ou tribut, des galets de jade dont la forme les prédestinait à être sculptés à l'imitation des rhytons en jade des époques Song ou Yuan. Parfois il n'hésitait pas à y faire graver un poème appréciateur que la pièce soit ancienne ou pas. Il est à noter que parmi les vases rhyton portant de tels panégyriques datés que nous avons pu répertorier, ceux-ci s'étendent de 1784 à 1792, soit durant le dernier quart du règne de l'empereur. Pièces en rapport : - Li Jiufang ed. Zhongguo yuqi quanji, Qing, « Jades chinois, vol.6, Qing », Shijiazhuang, Hebei, 1991, p.19, pl.35, avec une inscription impériale datée 1784. Haut. 24 cm. - Jessica Rawson et John Ayers, Chinese Jades throughout the Ages, Victoria & Albert Museum, London, 1975 : n° 446 pour un rhyton à anse marqué de rouille avec une inscription impériale datée 1787, maintenant au Fitzwilliam Museum, Cambridge. Haut. 15,3 cm ; n° 447 pour un rhyton avec une inscription impériale datée 1792. Haut. 15,3 cm. - René-Yvon Lefebvre d'Argencé, Chinese Jades in the Avery Brundage Collection, Asian Art Museum of San Francisco, 1977, pl. LIX, un rhyton en jade marqué de brun avec une inscription impériale datée 1785. Haut. 14 cm. - Sotheby's, Hong Kong, vente du 25 avril 2004, n° 111, un petit rhyton en jade marqué de rouille avec une inscription impériale datée 1786. Haut. 12 cm. Nous remercions le Dr. LIANG Lian et M. Laurent LONG pour leur précieuse aide dans l'établissement de cette fiche.
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