Ecole FRANCAISE vers 1720, entourage d'Antoine WATTEAU

Lot 23
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Ecole FRANCAISE vers 1720, entourage d'Antoine WATTEAU

Cinq personnages de la comédie italienne Toile 128 x 92 cm Provenance : Vente du comte A. Du Barry, 21 novembre 1774, n° 84 : Pierrot, Mezzetin, Scaramouche, Scapin et Arlequin, figures de 2 pieds 4 pouces. D'un coloris agréable et d'une belle conservation. H : 4 pieds L : 2 pieds 10 pouces (comme Watteau, 300 l.); Dessiné par Gabriel de Saint Aubin en marge de son catalogue (Paris, bibliothèque du Petit Palais); Vente, rue du Luxembourg, 7 juin 1878, par suite du décès de Mme de B... ( Joly de Ba...ville selon une inscription à l'encre) , selon une étiquette au dos du cadre; Collection M. G. Rothan ; Sa vente, Paris, galerie Georges Petit, 29-31 mai 1890 (Me Chevallier), n°183 (comme Pater, 24.500 frs) ; Vente Paris, Hôtel Drouot, salle 2, 16 juin 1976, sans n°, (attribué à Jean Baptiste Pater) ; Collection Jules Porgès ; Sa vente, Palais Galliera, 29 novembre 1976, Me Ader, Lettre C (comme Philippe Mercier), (112.000 frs) acquis à cette vente par Paul Louis Weiller. Exposition : Académie Royale des Beaux Arts de Berlin 1910, OEuvres de l'art Français du 18è siècle , n° 149 du catalogue, reproduit hors texte (comme Watteau); Paris, musée Carnavalet, Le théâtre à Paris (XVIIème - XVIIIème siècles), 1929, cat. n° 78 , repr. p. 28, (comme Watteau). Bibliographie: Kunst, mars 1910 (selon Dacier); J. Meier-Grafe, Gazette des Beaux Arts, mars 1910, III, pp 262-272; X. Zimmermann, Watteau, Stuttgart-Leipzig, 1911 (éd. Française, Paris, 1912), p. 192, p. 157 rerp. (« faussement attribués ») ; E. Dacier, Catalogues de ventes et livrets de salons illustrés par Gabriel de Saint Aubin, Paris, 1910, pp. 25-26, note 2 ; F. Ingersoll-Smouse, Pater, Paris, 1928, n° 83 bis, p.44, fig. 179, p.197 (comme Pater); P. Rosenberg et E. Camesasca Tout l'oeuvre peint d'Antoine Watteau, Paris, 1982, p. 123, n° 215. P.Rosenberg et L.A.Prat A.Watteau, Catalogue raisonné des dessins, T.II, p.902, fig.535d. (comme J.B.Pater). Selon l'interprétation que Dacier fait de l'inscription portée par Saint Aubin en marge de son catalogue («84. faux»), l'infatigable chroniqueur des ventes publiques aurait été le premier à douter de la paternité du tableau « venant d'un homme de longue date habitué à voir les peintures et à les juger avec une compétence dont nous avons maintes preuves, cette note signifierait que l'attribution lui paraissait insoutenable »... Dacier mentionne également qu'a l'exposition de 1910 « plusieurs bons juges qui ont examiné le tableau, inclineraient à y voir une oeuvre inachevée de Watteau que Pater aurait reprise et terminée après la mort de son maitre comme il le fit de plusieurs tableaux commencés par celui-ci... », relevant également l'inadéquation du prix d'adjudication du tableau avec les prix habituellement enregistrés à la même époque pour les tableaux du maître. Ingersoll-Smouse publie le tableau sous le nom de Pater mais précise « je n'ai vu de ce tableau, qui se rapproche beaucoup de La marche comique, qu'une photographie ». Enfin Ettore Camesasca (1982), note : « Zimmermann suppose pertinemment que si les dessous sont de Watteau, il n'en va pas de même de la peinture...qu'on attribue généralement aujourd'hui à Pater ». Par son format et sa composition le tableau évoque inévitablement le Gilles (ou plutôt Pierrot) du Louvre mais également Les comédiens italiens (Washington, National Gallery of Art) avec lequel la parenté semble évidente. Le personnage central est en tous points semblable au Pierrot dessiné par Watteau (Haarlem, Teylers Muséum, Prat et Rosenberg, op.cit, N°535) à l'exception de la tête dont l'attitude est penchée vers le bas, mais une récente radiographie du tableau nous a révélé que le personnage avait été d'abord peint dans l'attitude exacte du dessin de Haarlem. L'auteur de notre tableau travaille avec le (ou les ?) dessin de Watteau sous les yeux, modifie le visage de Pierrot (dont on peut noter la forte ressemblance avec le portrait dessiné par Watteau de son ami Pierre Sirois [ Prat et Rosenberg n°626 ]) et agrémente le tableau de plusieurs figures empruntées au répertoire de Watteau : Le joueur de guitare à droite dont la tête reprend celle du personnage à l'arrière plan de La Coquette (Saint Petersbourg, Ermitage) et le Scaramouche ( ?) derrière notre Pierrot que l'on retrouve dans Les comédiens italiens de Washington. Le personnage de gauche par son geste et son costume évoque lui aussi le tableau de Washington mais nous parait d'un style plus personnel. Si l'ancienne attribution à Jean-Baptiste Pater peut convaincre (on lui comparera la Procession de comédiens italiens de la Frick Collection où le traitement des nuages et des frondaisons est très semblable) celui-ci possède néanmoins un style plus suave, une touche personnelle aisément reconnaissable que nous ne trouvons pas ici, à moins que Pater n'ait cherché à copier fidèlement la touche de son maitre dans un dernier hommage. Rejoignant la critique berlinoise de 1910, puis Zimmerman en 1911, nous pensons que le personnage de Pierrot a été laissé à l'état d'ébauche par Watteau puis fini par un ou plusieurs membres de son entourage.
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