Albert CUYP (1620 - 1691)

Lot 22
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600 000 - 800 000 EUR
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Albert CUYP (1620 - 1691)

La traite au bord de la rivière Toile 93 x 119 cm Signée en bas à droite : «A. cuijp» 600 000 / 800 000 Provenance: Coll. du duc de Shrewsbury, Alton Towers, Sa vente Christie's, Alton Towers, 6 Juillet 1857 (lot 204, Le matin, avec un pendant, vendu £593.5 à Emery) ; Coll. Charles Scarisbrick, Sa vente Christie's , Londres, 10 mai 1861 (lot 228, vendu 420 £ à Ripp ; Coll. C. J. Nieuwenhuys, Sa vente, Christie's , Londres, 17 juillet 1886 (lot 62, vendu 525 £ à Meyer, Berlin) ; Coll. Eduard Weber, Hamburg en 1887, Sa vente Lepke, Berlin, 20 février 1912 (lot 276, gravé par W. Unger), vendu 36.000 marks à Sedelmeyer, Paris ; Coll. Sedelmeyer, Paris en 1913 (cat. Pl. 2); Coll. K. Halberstock, Berlin en 1929; Coll. D. Katz, Dieren vers 1936 ; Coll. Nathan Katz, Dieren, Sa vente, Paris 7 décembre 1950 (cat. 17, acquis 2.100.000 francs par Paul-Louis Weiller, France). Gravé par W. Unger Exposition: [Expo. Hamburg, Kunsthalle, 1887] cat. n°. 28 ; [Expo. Amsterdam, Muller, 1912] cat. n° 6 ; [Expo. Amsterdam, , 1938] Arti et Amicitiae, cat. n° 23 ; [Expo. Providence, Rhode Island Museum,1938] Dutch Painting in the 17th Century , cat. Par Wolfgang Stechow, n° 9, repr. ; [Expo. San Francisco, Golden Gate International,1939-1940] Masterpieces of Five Centuries, n° 73 ; [Expo. Montreal, Museum of Fine Arts, 1942] Masterpieces of Painting, cat. n° 12 ; [Expo. New-York, Schaeffer Galleries ,1942]. Bibliographie: Charles Blanc, Le trésor de la curiosité, (Paris, 1858), vol. 2, pp. 129, 191. Gemälde alter Meister der Sammlung Weber Hamburg (Lubeck, 1887), no. 28. Karl Woermann, Wissenschaftl. Verzeichnis der älteren Gemälde der Galerie Weber in Hamburg (Dresden, 1907), no. 276 ; Aelbert Cuijp: Originalabbildungen nach seinen vorzüglichsten Gemälden und Handzeichnungen (Haarlem, 1904), pl. 17 ; C. Hofstede de Groot, A catalogue raisonné of the works of the most eminent Dutch painters of the seventeenth century, (London, 1909), Vol. 2, no. 367, avec une provenance erronée; Illustrated catalogue of the twelfth series of 100 paintings by old masters of the dutch, flemish, italian, french and english schools being a portion of the Sedelmeyer Gallery... index, 1913, pl.2 ; Art News, vol. 35 (14 Aug. 1937), p. 15, repr. ; H. P. Bremmer, "Melktijd door Aelbert Cuyp", in Elsevier's geïllustreed maandschrift, Hbl. Beeld Kunsten, Vol. 24 (1948), pp. 263-266, repr. ; Stephen Reiss, Aelbert Cuyp (London, 1975), pp. 207, 212 , comme douteux sur le marché de l'art en 1956 ; mentionné par erreur comme provenant de la vente Slingeland ; Alan Chong, Aelbert Cuyp and the meanings of landscape (Thèse de l'université de New York, 1992), pp. 472-73, no. C75, comme une oeuvre d'atelier. Copie: Vente Hahn, Francfort, 22 novembre 1938, lot 28, repr. (32 x 45 cm). Tout au long de sa carrière Albert Cuyp reprend les thèmes qui lui sont chers, inventant à chaque fois une nouvelle image en changeant la lumière, la composition, la mise en scène. Il est peut-être le plus connu des artistes ayant représenté les animaux de la ferme, en particulier le moment de la traite. A ses débuts, Cuyp utilise la touche fine et la palette monochrome de Jan van Goyen, tout en choisissant des sujets qui ne sont pas ceux de son aîné, par exemple, la quiétude d'une femme trayant une vache. La première peinture traitant ce sujet est celle de Besançon, elle porte la date de 1639. Au milieu des années 1640, Cuyp découvre l'éclat et la chaleur des tons orangés utilisés par Jan Both et Nicolas Berchem pour rendre l'atmosphère de leurs paysages italiens, et l'adopte pour ses scènes paysannes. Les reproductions ne rendent pas toujours compte de la grande variété des dimensions dans l'oeuvre d'Albert Cuyp, depuis les petits formats sur panneaux de chêne, jusqu'aux très grandes toiles. Une vache et une fille de ferme (John and Mable Ringling Museum of Art, Sarasota) que l'on peut situer tôt dans la carrière de l'artiste, est impressionnante par sa taille et montre la volonté de l'artiste d'en faire une image marquante. La toile qui réapparaît aujourd'hui, longtemps restée inconnue des spécialistes, partage la même ambition. La surface du tableau est largement occupée par une vache que trait une jeune femme portant un chapeau de paille. A côté d'elle, deux bidons de cuivre (l'un avec un entonnoir) et un joug pour les porter. Peu d'oeuvres de Cuyp, et même dans toute la peinture hollandaise du XVIIè, accordent une telle importance à l'animal. Une matière translucide, de larges coups de brosse rendent avec prouesse et d'une manière convaincante le poil de la bête, ses cornes et ses yeux. L'artiste n'ajoute aucun détail qui détournerait notre regard comme pourrait le faire Paulus Potter. Le fond de paysage sert de support au motif central. Deux hommes gardent le bétail, des bateaux à voile naviguent calmement sur une rivière qui traverse le tableau de part en part. Ces détails rappellent que la ville n'est pas loin. Un observateur de l'époque aurait immédiatement fait le lien avec l'activité laitière du pays, alors l'une des plus productive au monde. Les terres gagnées sur la mer servant de pâturages près des villes le lait pouvait facilement y être porté tandis que le fromage s'exportait à travers toute l'Europe. Ce succès était dû aux nouvelles technologies, dont le drainage, qui permit de créer des polders où les canaux apportaient l'eau nécessaire à l'élevage et à la culture. L'enjeu était particulièrement important pour Dordrecht, la ville natale de Cuyp. Inondée en 1421, le jour de la sainte Elisabeth, il lui avait fallu des siècles pour reconquérir les terres et les natifs de Dordrecht en étaient particulièrement fiers. Une peinture de Cuyp réalisée peu de temps avant la nôtre, nous montre une vache et une fermière devant la ville de Dordrecht (The Large Dort, Londres, The National Gallery). La traite au bord de la rivière peut être comparée au Jeune taureau de Paulus Potter. La toile, de dimensions similaires, conservée au Mauritshuis de La Haye, est datée 1647. Le taureau y occupe la quasi-totalité de l'espace, captant l'attention du spectateur et faisant fi du paysage. Et pourtant tout sépare les deux animaux: si le taureau de Potter est un mâle viril et agressif, la vache de Cuyp est docile et complaisante. Tandis que Potter détourne l'attention sur le tournoiement des mouches, la vache de Cuyp nous retient par sa beauté calme et sereine. La composition audacieuse et le grand format de La traite au bord de la rivière résultent d'un choix mais elle n'est pas seulement une nouvelle expérience, elle élève ce qui fut un thème commun de l'art hollandais et l'un des thèmes favoris de Cuyp. Monumentale, altière, presque comme une icône, la vache hollandaise est ici célébrée en peinture. Il y a peu de repères chronologiques dans l'oeuvre de Cuyp qui n'a daté ses peintures que de 1639 à 1645. On peut cependant rapprocher notre toile du Double portrait équestre de Cornelis et Michiel Pompe van Meerdervoort (New York, The Metropolitan Museum of Art) qu'une étude topographique et généalogique permet de situer autour de 1653 . La signature en est très proche de celle qui apparaît sur notre tableau, nous autorisant à la placer entre 1650 et 1655. Un dessin à la pierre noire et lavis gris (J. Paul Getty Museum, Los Angeles, inv. 86.GG.672) étudie la fermière de notre composition avec pourtant quelques différences, notamment dans la forme du chapeau, le regard de la femme et la position des pattes de la vache. Le dessin, certainement d'Albert Cuyp, reprendrait peut-être une étude d'après nature qui aurait servi à l'élaboration de notre tableau, à moins qu'il ne soit issu d'un autre tableau de Cuyp. En effet la même laitière apparaît dans des peintures antérieures à la nôtre ( National Gallery de Dublin et Saint-Pétersbourg Musée de l'Ermitage) ainsi que deux autres, attribuées à des suiveurs du maître (Rotterdam, Musée Boijmans Van Beuningen et Détroit Institute of Arts). Certains détails changent entre les différentes versions. Ce groupe montre comment Albert Cuyp élaborait son travail, reprenant un motif d'un tableau à l'autre encourageant ses élèves à faire de même. Dans le catalogue de la vente de 1857, notre peinture est présentée avec un pendant, un Taureau avec des bergers (Venlo, Limburg Muséum) mais le support et les dimensions sont différents (panneau, 77 x 106.5 cm) et cette toile a été réalisée plus tôt. Dans son catalogue de l'oeuvre de Cuyp, Cornelis Hofstede de Groot confond la provenance de cette peinture avec celle d'une autre scène de Traite au bord d'une rivière conservée au Norton Simon Museum de Pasadena. Alan Chong, Fevrier 2011 Albert CUYP (1620 - 1691) Milking scene along a river canvas 93 x 119 cm, signed lower right: A. cuijp. Aelbert Cuyp had the habit of returning to favorite subjects over the course of his career, constructing images in very different styles, lighting schemes, and settings. The artist is perhaps most famous for painting cattle, and among these, scenes of milking mark important points in the artist's career. As a young artist, Cuyp borrowed the thickly brushed monochromatic palette of Jan van Goyen, but often took up subjects that did not interest the older artist, for example, quiet scenes of a woman milking a cow. This motif as early as a painting dated 1639 in Besançon. In the mid-1640s, Cuyp discovered the warm orange-tinted glow of Italianate landscapes painted Jan Both and Claes Berchem, and adapted scenes of animal husbandry to this style. Reproductions do not capture the wide variation of scale in Aelbert Cuyp's oeuvre, which ranges from diminutive pictures on oak to extremely large paintings on canvas. One early work which focuses on a cow and a milkmaid (John and Mable Ringling Museum of Art, Sarasota) is impressive in size and demonstrates the artist's ambition to create monumental images. The painting discussed here, long inaccessible to scholars and the public, is equally ambitious in size and composition. The surface of the painting is dominated by a large cow being milked by a maid wearing a straw hat. Nearby are two brass milk jugs (one with a funnel) and a yoke to help her carry the jugs. The cow fills the pictorial space in a way rarely encountered in Cuyp's oeuvre or indeed in seventeenth-century Dutch painting. The fur, horns, and eyes of the beast are rendered with convincing precision through a network of broadly brushed translucent strokes. At the same time, the artist does not add distracting details (as for example Paulus Potter did). Rather the surface of animal has a pleasing consistency of texture even as the color and light shifts subtly. Indeed the surface of the cow becomes a landscape in itself. The landscape in back supports the central theme. Two men tend cattle. Various boats sail by on the calm river which stretches across the painting. These details remind us that a city is not far away, although we do not actually see a town along the horizon. A seventeenth-century viewer might have recalled that Holland's dairy industry was the world's best. Land reclaimed from the sea provided fertile grazing land near the towns of Holland: milk production was easily be transported to urban dwellers while cheese could be exported to countries throughout Europe. This in itself was a triumph of modern technology: land drainage created polders while a system of waterways brought the necessary fresh water for animals and irrigation. The issue was especially important in Aelbert Cuyp's native town of Dordrecht, which had been inundated by a catastrophic flood in 1421, the Saint Elizabeth's Day Flood. It took centuries to reclaim the surrounding land, and Dordrecht residents were especially proud of the way their region had come back to life. A painting completed by Cuyp just before the present example shows cow and milkmaid with Dordrecht just behind ("The Large Dort" in the National Gallery, London). One of the most direct comparisons to this painting, already alluded to, is Paulus Potter's even larger painting of a young bull of around 1647 (Mauritshuis, The Hague). As with Cuyp's painting, the bull nearly fills the pictorial space, compelling the viewer's undivided attention and banishing the landscape to a supporting role. Otherwise the paintings are polar opposites: Potter's bull is virile and aggressively male, while Cuyp's cow is docile and complacent. Potter calls attention to flies and dung in his painting, but Cuyp's painting is serenely and calmly beautiful. The audacious composition and large scale of Milking Scene along a River suggest that it was intended as a grand gesture. Not only experimental in layout, the painting elevates what had been a common theme in Dutch art and a favored subject of Cuyp's. Now monumental, overwhelming, and almost abstract, the Dutch milk cow is celebrated in paint. There are few signposts in Cuyp's chronological development, as he only dated paintings early in his career, from 1639 to 1645. This painting was probably made around 1650 to 1655, as it shares stylistic similarities to a double equestrian portrait of Cornelis and Michiel Pompe van Meerdervoort (Metropolitan Museum of Art, New York) which can be dated on topographical and genealogical evidence to around 1653. The signature on the New York painting is very close to that on the present painting. A drawing in black chalk with touches of gray wash (J. Paul Getty Museum, Los Angeles, inv. 86.GG.672) is close in composition to the milkmaid. However, there are subtle differences, for example in the shape of the hat, the gaze of the woman, and the position of the cow's legs. One theory is that the drawing is a sketch from nature upon which the present painting is based. While the drawing seems to be by Aelbert Cuyp, its exact function is unclear, and it is possible that it is based on another drawing made from nature, or in fact on Cuyp's own paintings. For example, the same milkmaid occurs in paintings clearly earlier than the present work (National Gallery of Ireland, Dublin; and State Hermitage, Saint Petersburg). Another painting with the same milkmaid is by a follower of Cuyp (Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam); and yet another by a later imitator is in the Detroit Institute of Arts. Details vary between the paintings and the drawings. If nothing else, this group demonstrates how Aelbert Cuyp used a particular motif over many years and also encouraged his students to take it up. In the 1857 auction catalogue, this painting was described as having a pendant, a painting of a bull with herders (Limburgs Museum, Venlo), but this is unlikely since that work is smaller (77 x 106.5 cm), on panel rather than canvas, and significantly earlier in date. In his catalogue of Cuyp's work, Cornelis Hofstede de Groot confused the provenance of this painting with another milking scene along a river, in the Norton Simon Museum, Pasadena. Alan Chong, February 2011
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