Victor BRAUNER (1903-1966)

Lot 108
70 000 - 100 000 €
Résultats sans frais
Résultat : 59 000 €

Victor BRAUNER (1903-1966)

Bataille des médiums, 1960
Huile et encaustique sur toile marouflée sur isorel.
Signée, datée en bas à droite « Victor Brauner, III, 60 », et titrée en bas à gauche.
64,5 x 81 cm
Nous remercions Monsieur Samy Kinge qui nous a aimablement confirmé que ce tableau avait été sa propriété.
Provenance :
- Galerie Samy Kinge
- Collection particulière
Exposition :
- « Victor Brauner », Galerie Credito Valtellinese, Milan, mai-juin 1995 (exposition co-organisée avec le Centre Georges Pompidou, Paris - le musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne - le musée Cantini, Marseille)
Bibliographie :

-Dominique Stella, Victor Brauner, éditions Mazzotta, Milano, 1995, n°58 reproduit p.157 et p.190
En 1934 lors de la première exposition parisienne de Victor Brauner à la Galerie Pierre, André Breton préfaçait ainsi le catalogue : « le désir et la peur président par excellence au jeu qu’il mène avec nous, dans le cercle visuel très inquiétant où l’apparition lutte crépusculairement avec l’apparence ».
Né en Moldavie en 1907, Brauner est imprégné dès son enfance par les séances de spiritisme que pratique son père, ainsi que par les superstitions populaires. Élève de l’école des Beaux-Arts de Bucarest, il adhère à l’esthétique dadaïste puis, lors de ses divers voyages à Paris, s’intègre dans le milieu surréaliste grâce à son ami Tanguy. Brauner participera de l’internationalisation du mouvement d’André Breton, la communauté d’artistes et d’intellectuels roumains émigrés à Paris étant particulièrement brillante avec Brancusi, Cioran, Eliade, Tzara… Un événement de sa vie personnelle illustre tragiquement sa croyance au médiumnique et au prémonitoire : il réalise en 1931 un autoportrait dans lequel il se représente énucléé de son œil gauche ; sept ans plus tard, lors d’une bagarre entre Oscar Domingues et Estéban Frances, il est atteint en plein visage par un verre qui le prive définitivement de ce même œil gauche.
Dans Bataille de médiums, un homme et une femme fantasmagoriques se livrent à un combat, armés d’animaux imaginaires qui s’entredévorent. Au centre, une fillette coiffée d’une poupée-tortue, apparaît dans sa fragilité comme une victime et exprime l’effroi.
La scène se détache sur un masque (inspiré de Teotihuacan ?) d’un jaune solaire sur fond de cosmos céruléen. Violence humaine et indifférence cosmique : comme toujours chez Brauner, signification et magie fusionnent en une alchimie poétique.
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