[Charles BAUDELAIRE] Victor HUGO

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[Charles BAUDELAIRE] Victor HUGO

Lettre autographe signée de Victor Hugo, à l'en tête de Bath, adressée de Bruxelles, le 10 avril 1861, à Charles Baudelaire, Hotel de Dieppe, rue d'Amsterdam, comme l'indique la suscription. La lettre comporte une petite déchirure angulaire qui a supprimé l'année d'envoi de cette surprenante lettre où Hugo ne tarit pas d'éloges sur Baudelaire, alors que les sentiments de l'un envers l'autre furent toujours ambigus et contradictoires. « Monsieur, la petite bibliothèque de Hauteville-House vous remercie; elle a désormais votre beau volume complet. Je ne puis vous dire à quel point ce gracieux envoi me touche. Me voici voyageant; on m'a cru très malade cet hiver; mais le changement d'air me remet; je vais d'horizon en horizon, je quitte l'océan pour la terre, je cours à travers monts et vaux, et la grande nature du bon Dieu me guérit. Votre poésie aussi est un dictame. C'est elle qui a commencé ma guérison. Les vers calment et charment. Je vous rends grâce et je vous serre cordialement la main.» A cette lettre, sont joints un billet signé de Victor Hugo à Baudelaire voulant prouver leur amitié « A M. Ch. Baudelaire. Son ami. Victor Hugo.» ainsi qu'une copie manuscrite, de la main de Narcisse Ancelle, de la lettre que Victor Hugo adressa à Baudelaire, de Hauteville-House, le 24 avril 1862. Dans cette lettre, Hugo est très élogieux envers Baudelaire : «Ecrire une grande page, cela vous est naturel; les choses élevées et fortes sortent de votre esprit comme des étincelles jaillissent du foyer, et les «Misérables» ont été pour vous l'occasion d'une étude profonde et haute. Je vous remercie.» Il s'identifie à l'auteur des Fleurs du Mal: «J'ai déja plus d'une fois constaté avec bonheur les affinités de votre pensée et de la mienne; tous nous gravitons autour de ce grand soleil, l'Idéal. « Il espère voir Baudelaire continuer son travail sur les Misérables, «J'espère que vous continuerez ce beau travail sur ce livre et sur toutes les questions que j'ai taché de résoudre ou tout au moins de poser. C'est l'honneur des poètes de servir aux hommes de la lumière et de la vie dans la coupe sacrée de l'art. Vous le faites et je l'essaie. Nous nous dévouons, vous et moi, au progrès par la Vérité.» Baudelaire qui avait, en effet, rendu compte élogieusement de la première partie des Misérables dans le Boulevard, ne poursuivit pas ses remarques en ce sens, il écrivit même à sa mère : «Ce livre est immonde et inepte. J'ai montré, à ce sujet, que je possédais l'art de mentir. Il m'a écrit, pour me remercier, une lettre absolument ridicule. Cela prouve qu'un grand homme peut être un sot.» Une lettre de Claude Pichois adressée à Maurice Ancelle, à propos de cette dernière lettre, est jointe.
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