[Charles BAUDELAIRE] Jules BARBEY d'AUREVILLY (1808-1889)

Lot 31
50 000 - 70 000 €
Résultat : 65 000 €

[Charles BAUDELAIRE] Jules BARBEY d'AUREVILLY (1808-1889)

Ecrivain, surnommé «Le Connétable des lettres», dont Baudelaire disait, dans une lettre à sa mère : «Excepté D'Aurevilly, Flaubert, Sainte- Beuve, je ne peux m'entendre avec personne». Baudelaire et Barbey s'appréciait mutuellement, Baudelaire aimait ce personnage fanfaron et déganté, Barbey appréciait le dandysme de Baudelaire. Tout ceci n'empêchait pas les brouilles et les disputes, mais ils se réconcilièrent toujours. Leur correspondance est aujourd'hui tronquée, nous ne connaissons que deux lettres adressées par Baudelaire à Barbey et que quelques unes de Barbey à l'auteur des Fleurs du Mal, particulièrement celles présentées ici, dont les dates sont indiquées avec réserves. Il est curieux de voir que leur correspondance s'arrête en 1860, sans aucune raison, leurs relations s'étant poursuivies bien au delà, peut-être tout au plus, la rupture entre Barbey et Sainte-Beuve a pu perturber leurs relations un temps. Le premier billet adressé par Barbey à Baudelaire est une invitation où Barbey a souligné trois fois le numéro «bis» de la rue, comme pour quelqu'un venant pour la première fois. Le billet semble dater de 1852 ou 1853. La seconde lettre, rédigée à l'encre rouge débute par «Mon cher Monsieur Beaudelaire», elle reprend la liste des livres écrits par Barbey, en en donnant la disponibilité d'exemplaires personnels. La lettre porte, à côté de la suscription, quelques notes manuscrites de Baudelaire, au crayon, à propos des futures visites à rendre ou lettres à adresser à différents personnages et amis. La troisième lettre est adressée de la Bastide d'Armagnac, le 26 février 1856, Barbey attend avec impatience la traduction de Poe, il poursuit la parution de ses articles et travail à la finition de son «Chevalier des Touches» et de son «Prêtre marié». La lettre suivante adressée de la Baie de Saint-Jean de Luz, le 26 septembre 1857, possède une flèche empennée dirigée vers le bas, dessinée par Barbey. Celui-ci demande à Baudelaire l'envoi d'un livre, afin d'en faire la critique, venant de terminer celle du Madame Bovary de Flaubert et du Vauvenargue de Gilbert. Une cinquième lettre envoyée de Saint-Jean de Luz, le 1er octobre 1857, quelques jours après la précédente, montre un Barbey dépité devant la non-parution de son article sur le Madame Bovary de Flaubert. Il demande à son ami Baudelaire de voir auprès du «Pays» pourquoi les engagements n'ont pas été tenus. La lettre suivante, à la calligraphie aurevillienne, noire et rouge, datée du 17 octobre de la même année, avec enveloppe jointe, voit Barbey regretter l'absence de Baudelaire et renouveler sa demande de poèmes de Leconte de lisle et de Banville afin d'en faire une élogieuse critique. La septième lettre, encore avec une flèche empennée, demande à Baudelaire l'envoi des Histoires extraordinaires de Poe. L'ultime lettre, envoyée le 4 février 1859, d'un Paris pluvieux et rédigée d'une encre rouge, est pleine de verve et d'originalité. Barbey appelle Baudelaire «Chère Horreur de ma vie», il le félicite pour les magnifiques vers qu'il vient de lui adresser : «Le Voyage», «L'Albatros» et peut-être «Sisina». Il y trouve un élan lyrique qu-il ne lui connaissait pas, le traitant au passage de «crapule de Génie», de «sacrée vipère dégorgeant le venin» et autres «doux» noms, prouvant ainsi leur complicité et amitié. Il termine d'ailleurs sa lettre par ce post-scriptum :»Bonjour Don Juan. Amusez vous bien pour vous et pour moi» L'ensemble des huit lettres forme douze pages, avec parfois des petits trous d'épingle. Elle sont accompagnées de cinq copies de lettres. Exposition : Petit Palais. 1968.
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