Charles BAUDELAIRE

Lot 9
18 000 - 20 000 €
Résultat : 48 000 €

Charles BAUDELAIRE

Lettre autographe de Baudelaire signée «Charles», adressée le jeudi 29 décembre 1864, au Notaire Ancelle. Dans la lettre Baudelaire adresse tout d'abord ses voeux de bonne année à Ancelle et à sa femme, il lui demande ensuite de bien vouloir dégager un bijou déposé au Montde- piété dont le souvenir lui est de la plus grande importance. Il désire aussi récupérer chez le marchand de tableaux Jacquinet, divers objets laissés en dépôt, afin de ne pas les perdre, comme cela est arrivé pour divers bronzes, pour un dessin de Rubens, ou encore pour un éventail de grande valeur, montrant ainsi son goût pour les oeuvres d'art. Il demande à Ancelle de faire de même chez l'antiquaire Desoye afin qu'elle lui conserve le pupitre en laque qu'il lui avait donné à restaurer. Enfin, le poète termine sa lettre par une nouvelle réclamation d'argent, afin de donner les étrennes à des domestiques, informant encore son ami notaire, de son futur retour en France, avec un passage de quelques jours par Bruges. On apprend enfin que la publication du «Spleen à Paris» a repris dans la Revue de Paris . Trois pages in-8, sur papier bleu, rédigées à l'encre noire, comportant un petit trou ne gênant pas la compréhension du texte. La lettre est suivie de la liste évoquée dans la lettre, rédigée de la main de Baudelaire, avec les objets déposés chez l'encadreur Jacquinet: une marine, une photographie, et des dessins de Guys et Girodet. La liste est annotée au crayon par Ancelle et forme une page in-8, avec un petit trou. «Mon cher Ancelle, Je vous présente mes souhaits de bonne année, ainsi qu'à Madame Ancelle. Je vous demande pardon de vous donner trois commissions, dont une est peu digne de la gravité d'un magistrat, et de vous prendre ainsi une heure ou deux de votre temps. Mais je connais votre complaisance, et d'ailleurs ces commissions sont très importantes pour moi. 1. - L'échéance pour dégager ce bijou, ou pour renouveler l'engagement, est arrivée, depuis trois jours. Il est donc plus que temps. C'est un cadeau et un souvenir. J'y tiens énormément. J'ai une autre montre à Bruxelles, je n'ai donc pas besoin de celle-ci. Contentez-vous de renouveler l'engagement. Cela se fait en cinq minutes. Il y aura 3 ou 4 frs. d'intérêts que je vous rembourserai. La rue Joubert est à deux pas du chemin de fer. 2. - Voir M. Jacquinet, presque à côté, rue Saint-Lazare, dans un enfoncement, presque en face la rue Pigalle ou la rue La Rochefoucauld, à côté d'un sellier. M. Jacquinet est marchand de tableaux, encadreur, nettoyeur de gravures. J'ai laissé chez lui plusieurs objets précieux pour moi, il y a déjà fort longtemps (dont je vous transmets la liste, pour la lui communiquer), et je crains, comme il n'a pas de nouvelles de moi depuis près d'un an, qu'il ne les égare ou qu'il ne se croie autorisé à les vendre. D'ailleurs, je crois qu'il y a beaucoup de désordre chez lui. C'est ainsi que, par ma négligence, j'ai déjà perdu, ailleurs, des bronzes, un dessin de Rubens, un éventail de 500 frs., etc.. Vous pourrez lui dire que je reviendrai prochainement à Paris. 3. - Voir M. ou Madame Desoye, boutique de bronzes et de porcelaines japonaises, 220, rue de Rivoli. Lui dire qu'elle ait l'obligeance de me garder encore quelque temps le pupitre en laque que je lui ai donné à réparer. Lui demander ce que je lui dois, et lui affirmer que je vais revenir prochainement. Enfin, mon cher Ancelle, j'ai besoin de 60 ou 70 frs., pour des étrennes à faire aux domestiques et dans deux ou trois familles chez lesquelles je fréquente habituellement. Ayez l'obligeance de me mettre, tout de suite 100 frs. dans une lettre, de manière que j'aie cela, le 31, au matin. Vous vous souvenez que je vous ai promis de ne vous prendre, désormais, que 50 fr. par mois, pendant un temps fort long. Cela comptera pour Janvier et Février. Cela sera, comme je vous le promets. Mes commissions vous paraîtront peut-être puériles. Je vous assure que c'est important pour moi. Je vous envoie d'avance, avec ce reçu, mille remerciements. C'est dans ce nouveau mois que je vous enverrai, par un moyen détourné, les objets que je vous ai promis. La surveillance est maintenant très grande. Il y a eu des perquisitions à Paris. J'attends, pour retourner en France, des lettres d'un ou de plusieurs libraires. Cela va venir. Je vais passer quatre ou cinq jours à Bruges, mais je ne partirai qu'après avoir reçu votre lettre. Le Spleen de Paris a recommencé dans la Revue Paris. Tout à vous.» Références : Baudelaire. Lettres - 1841-1866. Mercure de France 1907. pages.391-393. Correspondance Générale. Tome IV. Pages 337-341. Exposition : Petit Palais. 1968.
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