Charles BAUDELAIRE

Lot 8
10 000 - 15 000 €
Résultat : 15 000 €

Charles BAUDELAIRE

Lettre autographe de Baudelaire, signée «C.B.», adressée à Narcisse Ancelle, le 18 Novembre 1864, portant au début, une mention de la main d'Ancelle, portant la date (le 19) de la réponse qu'il fit à la mère d u poète, Caroline Aupick. Dans cette lettre, Baudelaire est malheureux de causer tant de soucis à sa mère par ses problèmes financiers. Il découvre une nouvelle difficulté en Belgique qui lui complique la vie: la poste et ses tracasseries journalières. Il se penche aussi sur l'instruction publique belge, trouvant que la place prise par l'enseignement des sciences était beaucoup trop importante par rapport à celle prise par l'enseignement littéraire, les belges ignorant le latin et la philosophie. Les belges ont du mal à trouver grâce auprès du poète. La lettre est composée de deux pages, in-8, avec petit trou d'épingle. «Mon cher ami. Je vous remercie. Je suis honteux vis à vis de ma mère. Comme je serais heureux de lui rapporter quelque argent! Dans quelques jours, je saurai si cela est possible. Ici, la poste ne dépose pas les lettres chargées dans les hôtels garnis. Elle laisse un avis qui vous invite à aller chercher la lettre au bureau central. J'ai été absent, hier, toute la journée. Je n'ai eu votre lettre que ce matin. Dans deux jours, je ne devrai plus rien à Bruxelles; je partirai mercredi, soit à 9 h. 1/2, si ma fièvre me permet de me lever de grand matin, soit à 2 h. 1/2; et ainsi je serai chez vous, soit mercredi, à 6 h. du soir, soit jeudi matin, à 10 h.; vous pouvez être sûr de cela. Je me souviens de vous avoir parlé d'un livre qui m'a paru curieux; c'est sans doute une étude de la société parisienne sous l'empire actuel, par un Allemand. Je connais la brochure à laquelle vous faites allusion. C'est très juvénile, enfantin même, mais c'est d'un homme qui sent juste. Vous me parlez de l'instruction publique belge. J'ai fait des efforts pour comprendre cette organisation, et je n'ai pas pu y réussir. Tout ce que j'ai clairement compris, c'est que les études littéraires étaient détestables, et que les jeunes gens recevaient, en général, une meilleure instruction scientifique. Pas de latin. Pas de philosophie. Beaucoup de sciences physiques. C'est ce que j'appelle la sottise moderne, l'école Duruy. A bientôt. Tout à vous Je vous remercie de toutes vos bonnes paroles. Je vous rapporterai votre livre. Mais ce n'est une merveille que relativement.» Références: Baudelaire. Lettres - 1841-1866. Mercure de France 1907. pages.387 et 388 Correspondance Générale. Tome IV. pages 331 et 332.
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