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PREFACE

Quarante cinquième vente orientaliste ! Depuis vingt-trois ans que j'organise des vacations consacrées à cette spécialité, la préparation de chaque nouvelle vente nous réserve des motifs d'enthousiasme, d'admiration, de découvertes, d'approfondissement des connaissances de la civilisation orientale. Et quelle joie de constater que le monde des collectionneurs a enfin reconnu l'exceptionnel intérêt de ces artistes, reconnaissance sanctionnée par une hausse très importante des enchères. Qui aurait pu imaginer il y a encore cinq ans nos records mondiaux pour Etienne Dinet tel Le Jeune Arabe dans la Palmeraie adjugé 1 920 000 euros, soit presque six fois le prix réalisé lors de la présentation de ce même tableau six ans auparavant, ou encore les 805 000 euros obtenus pour une Aouache à Anemiter de Jacques Majorelle. Ou encore les 594 000 euros pour une oeuvre capitale de Fromentin, les 470 000 euros pour des Cavaliers du peintre Adolph Schreyer ou les 470 900 euros pour un Eugène Girardet de l'Oued de Bou Saâda. L'automne 2008 nous réservait parmi beaucoup d'autres une surprise de taille : la découverte au travers de cinq tableaux du fabuleux destin d'Adrien Follie (1746-1803). Naufragé au large des côtes de Mauritanie, capturé par des Maures du désert, réduit en esclavage, il est libéré grâce à l'intervention et la générosité de l'Empereur du Maroc Mohamed Ben Abdallah : ce souverain éclairé de la seconde moitié du XVIIIème siècle maintint l'indépendance de son pays au coeur des jeux diplomatiques compliqués des Européens. Follie retrace le souvenir de sa dangereuse et passionnante odyssée dans un ouvrage, Mémoire d'un Français qui sort de l'esclavage, aujourd'hui introuvable dans son édition d'origine et que nous présentons à la vente ainsi que trois tableaux par Adrien Delerive : Le Naufrage, La Captivité, La Libération et l'Audience auprès de l'Empereur du Maroc, 1785. Y sont joints le Portrait de Follie, le tableau Les Retrouvailles avec sa Famille, exécuté par le peintre miniaturiste Fache, la canne à pommeau d'or offerte par le souverain marocain et deux manuscrits de la main même de Follie. Le périple artistique de notre catalogue commence par le Maroc, transite par la Mer Rouge pour se terminer aux confins turcs du Mont Taurus : - Majorelle est bien entendu présent avec L'Attente, situé à Marrakech, poème marocain de noirs et de gris enluminé d'inclusions d'or. Dans un esprit XIXème siècle, Victor Renault des Graviers avec Les jeunes filles de Tanger puisant de l'eau à une citerne, exposé au Salon de Paris en 1877. - Etienne Dinet, le plus grand peintre orientaliste après Delacroix, est présent avec un ensemble de cinq oeuvres : ? Jeux d'enfants, suave poème coloré sur les enfants de Bou Saâda. ? L'écrivain public, si mystérieux dans sa signification. ? Le Permissionnaire, qui rappelle le courageux sacrifice des soldats de l'Armée d'Afrique et leurs concours aux victoires alliés. ? Baigneuses dans l'Oued de Bou Saâda,1895 ou Dinet se montre un instant plus symboliste qu'impressionniste. ? Une esquisse préparatoire pour La Vengeance des fils d'Antar dont la grande composition a été adjugée par nos soins 1 000 000 euros en décembre 2007. - L'Algérie est aussi illustrée par les importants tableaux de F.A. Bridgman, orientaliste américain qui s'immergea dans la Kasbah d'Alger. ? Chevaux à la fontaine de Birkadem, Alger. ? Place du marché à Laghouat. Mais aussi par un bel ensemble de trois tableaux de Marguerite Tedeschi sur les oasis du sud. - La Tunisie est présente avec Roubtzoff puis Delahogue le peintre de Gabès, mais aussi une monumentale peinture de Jeanne Thil Caravane devant la Mosquée des Sabres de Kairouan et une étonnante oeuvre, La Mariée Tunisienne par Hedi Larnaout, certainement un des premiers peintres de nationalité tunisienne de début du XXème siècle. - L'Arabie et les Lieux Saints son évoqués par La Caravane de La Mecque, chef d'oeuvre de la tapisserie, tissée à Bruxelles vers 1760, au dessin délicat et à l'exceptionnelle fraicheur de coloris, mais aussi par un rare tableau de John Ralph qui décrit Le débarquement des pèlerins dans le port à Djeddah. - Le monde ottoman peut-être parcouru du XVIIème siècle au XIXème siècle grâce à une oeuvre de l'atelier de Jean-Baptiste Van Mour représentant un chef silhatar, porte-sabre du Sultan. - La Halte des chameliers devant le Mont Taurus par W. J. Muller, orientaliste britannique du XIXème siècle. - L'indépassable poète d'Istanbul qu'est Fabius Brest, avec Pêcheurs sur les rivages du Bosphore. - L'Indépendance de la Grèce est illustrée par le peintre philhellène Amaury-Duval avec son tableau du Salon de 1834, Un jeune pâtre découvre un bas-relief antique sur le bord d'un ruisseau où il allait se baigner ; Souvenir de Morée dit le berger grec. - Mais aussi l'orient somptueux et sensuel des harems, avec les odalisques de Léon François Comerre, Vincent Stiepevitch, Eisman Semenowsky ou Franz Xaver Simm. - Les orientalistes romantiques et voyageurs sont présents avec Théodore Frère, Fromentin, Lazerges mais aussi les peintres virtuoses tels Gérôme ou Filippo Bartolini. - L'Art moderne et contemporain arabe et persan qui parait promis à un bel avenir, compte tenu des enchères records obtenues récemment : avec les innovateurs de la peinture égyptienne du XXème siècle que sont Tahia Halim, Seif Wanly ou encore, le Persan de Paris Abolghassem Saidi. Puissent cette exceptionnelle réunion être couronnée par des records d'enchères !
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