Ambrosius BOSSCHAERT le vieux (Anvers 1573 - La Haye 1621)

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Ambrosius BOSSCHAERT le vieux (Anvers 1573 - La Haye 1621)

Bouquet de fleurs dans un vase de bronze posé sur un entablement près d'un coquillage Cuivre 34,2 x 23,4 cm Monogrammé et daté 1621 (?) en bas à droite Petits manques Cadre en bois et stuc doré, travail Français d'époque empire Provenance: - France, collection privée depuis au moins le début du 19è siècle Ambrosius Bosschaert est baptisé à Anvers le 18 novembre 1573. Il est l'unique fils d'un peintre du même nom dont aucune oeuvre n'est aujourd'hui connue. Fuyant l'arrivée des Espagnols, les Bosschaert se réfugient à Middelburg vers 1587. Ambrosius est reçu maitre de la guilde de cette ville vers 1593. Sa carrière s'épanouit alors, favorisée par une forte tradition locale de collectionneurs. Ambrosius Bosschaert fonde une véritable dynastie de peintres de fleurs avec ses trois fils Ambrosius le jeune, Johannes et Abraham, ainsi que son beau-frère Balthasar Van der Ast. A l'instar de Rubens, Bosschaert développe un commerce de tableaux. Il semble s'être spécialisé dans les écoles allemandes et flamandes. De nombreux documents attestent de cette activité tant à Anvers qu'à Francfort, en Angleterre et en Irlande. Un commerce qui semble lui avoir réussi puisqu'en 1611 il achète une grande maison à Middelburg. En aout 1619 il quitte la ville qui a fait sa fortune pour Breda, mais l'artiste meurt subitement en 1621 alors qu'il est de passage à La Haye pour livrer à un serviteur du prince Maurice d'Orange une de ses compositions qui firent sa réputation.. Ambrosius Bosschaert est considéré comme le pionnier de la nature morte de fleurs en Hollande. L'étude des plantes médicinales et leur représentation dans les manuscrits enluminés trouve sa source au moyen-âge. Alors que l'intérêt scientifique pour les fleurs se développe vers la fin du 16è siècle, il prend une dimension plus esthétique au début du 17è siècle et Bosschaert est le premier peintre à s'en faire une spécialité probablement avant même que Jan Brueghel le vieux ne fasse croitre à Anvers une école de nature morte sur ce thème. Bosschaert dispose ici dans un vase de bronze (ou de verre?) agrémenté de mufles de lion, un bouquet d'iris, tulipe, jacinthe bleue, roses, myosotis, muguet, cyclamen, ancolie, fritillaire, pensées et renoncules qu'il présente sur un entablement à côté d'un coquillage et d'une mouche. Sur une fleur à droite est posé un papillon. Au-delà de leur beauté, les fleurs sont choisies pour leur symbolique. La rose qui représentait à l'origine l'amour triomphant de Vénus est devenue l'image de l'amour universel de la Vierge Marie, «rose sans épines «. Entre les roses, une ancolie blanche, une des sept fleurs du jardin de la vierge, représente l'un des dons de l'Esprit-Saint, parmi eux, la Foi, l'Espérance et la Charité. Le myosotis, de la couleur du ciel, est la fleur du Paradis. Il rappelle le salut de l'âme restée fidèle à son Dieu. Le muguet, par son parfum délicat, évoque l'humilité de la Vierge. Les cinq pétales de la pensée sont l'image des cinq plaies du Christ, tandis que ses trois couleurs sont un rappel de la Trinité. En haut de la composition, un bel iris jaune se hisse pour se faire une place à côté d'une imposante tulipe. Annonçant la future royauté du Christ, il est aussi le symbole de la douleur qui transperce la Vierge, telle un glaive dont il rappelle la forme. Il lutte avec la tulipe, plus tard objet de collection, source de richesse et de convoitise qui est le symbole des vanités contemporaines. Discrète, la jacinthe bleue, fleur de la Sagesse chrétienne s'élève davantage encore. Sur la pivoine de droite, symbole de sincérité, se pose délicatement un papillon représentant le côté éphémère de la vie qui passe. La mouche, qui évoque la décomposition à laquelle n'échappera pas ce bouquet de fleurs coupées rappelle que toute vie à une fin et qu'il faut s'y préparer. Pour cela il convient de ne pas s'éloigner de la parole du Christ, seul vainqueur de la mort. Le coquillage, par sa structure interne, est une image de la résurrection, renaissance à la vie. Afin de donner vie à sa nature morte et lui éviter un côté «statique«, Bosschaert emploie un procédé simple mais efficace: sur un fond léger gris et transparent, l'artiste «charge» certaines fleurs (tulipe, iris...) ainsi que le feuillage pour leur donner consistance et relief, tandis qu'il peint plus légèrement roses et muguet, ce qui leur confère une certaine fraîcheur. Tirant parti du fond gris sur lequel on devine les traits de construction au crayon, il traduit la nacre du coquillage par des glacis bruns que viennent réveiller de petits accents de lumière. Notre tableau dérive d'une autre nature morte du maitre, datée 1621, conservée dans une collection particulière (cuivre, 31.6 x 21.6 cm, image RKD 122688); d'une composition analogue, elle s'en distingue toutefois pas un vase bulbe en verre, l'absence de coquillage, la présence du papillon sur l'entablement et un cartouche sur fond bleu lapis au bas de l'entablement. Inédit à ce jour, notre tableau est un ajout très important au corpus de l'oeuvre restreint de Bosschaert. Il n'était connu jusqu'à présent qu'à travers plusieurs copies anciennes: - L'une au Erschede Rijksmuseum (bois, 34 x 22cm; ancienne collection Van Heel,) - L'autre vente Sotheby's Londres, 6 dec. 1972, n°8; puis Paris, Galerie d'art Saint Honoré, 1985 17th century Netherlands Paintings (Ambrosius Bosschaert le Jeune, comme peint sur cuivre 33.7 x 23.5cm), puis Salomon Lilian Amsterdam, 1995, cat.p.8 (comme peint sur argent). - Une troisième est reproduite dans J.L.Bol The Bosschaert Disnaty, 1960, cat.n° 49 comme atelier de Bosschaert. Nous remercions Monsieur Fred Meijer qui, d'après photographie, a bien voulu nous confirmer le caractère autographe de notre tableau.
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