Paul Nadar (1856-1939)

Lot 236
Aller au lot
50 000 - 80 000 €
Résultat : 88 000 €

Paul Nadar (1856-1939)

Voyage au Turkestan. Août-Novembre 1890. 21 épreuves argentiques d'époque, d'après négatifs souples, sur papier Gevaert Matt, inversées au tirage (prises de vues réalisées à partir du Kodak N°1 et de l'Express Détective Nadar). Quelques numéros de référence et inscriptions dans les négatifs. Timbre à sec Gevaert Matt sur une épreuve. Format moyen des épreuves: 16 x 12,5 cm. I. Tiflis. Vue générale de la ville sur les bords de la Koura, depuis la citadelle Narikala. Deux compagnons de route de Paul Nadar. II. Couple tekké (Kirghiz) devant la yourte de roseaux. III. Mausolée en forme de yourte. IV. Ligne du Transcaspien. Turkmène au telpeck sur le quai de la gare. V. Chamelier et sa monture passant dans une rue. VI. Marchand ambulant coiffé d'une calotte, pieds nus. VII. Fauconnier de l'équipage du khan de Khiva. VIII. Kalantar (derviche) de Samarcande, coiffé de son bonnet conique, son bol aux aumônes au côté. IX. Samarcande. Enfants assis en rond, avec à l'arrière-plan le grand portique de la nécropole Chakhi-Zinda. X. Samarcande (?). Marché aux chevaux (?). XI. Samarcande. La foule des fidèles en prière à la Madrasa de Ouloug Beg. XII. Mausolée de la nécropole Chakhi-Zinda. XIII. Tchardjoui (Turkmenabat). Entrée du Palais du Beg Mirza Nizamutdin Xodja. XIV. Echoppes devant la porte des remparts de Tchardjoui. XV. Deux cavaliers boukhares, séquence de la course au bouc (bozkachi). XVI. Merv, revue des cosaques du Caucase. XVII. Merv, vue générale des ruines de la ville ancienne. XVIII. Gare de Merv, marchands de tapis turkmènes devant le train-caserne du Général Annenkoff. XIX. Merv, tombeau du Sultan Sandjar. XX. Homme armé en marche derrière un chameau. XXI. Deux hommes barbus prenant la pose dans la foule fascinée par le photographe. Né à Paris en 1856, Paul Nadar collabore assez jeune à l'activité du studio de son père Félix, sans doute vers 1874, pour en prendre la direction officielle en 1886-1887. S'intéressant de très près à l'invention des appareils de prise de vue instantanée et des supports au gélatino-bromure d'argent moins fragiles, il découvre à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1889 les travaux de George Eastman et s'équipe d'un Kodak N°1. Le 24 août 1890, déterminé à rejoindre Tachkent à l'occasion d'une Exposition Internationale où il désire exposer ses photographies, il quitte Paris par l'Orient Express pour rejoindre Constantinople. En quelques jours, il rejoint Tiflis par le Transcaucasien et effectue la traversée de la Mer Caspienne entre Bakou et Ouzoun-Ada, gare de départ du Transcaspien. Sans prendre le temps de s'arrêter, il arrive à Samarcande le 14 septembre et Tachkent le 17. Recommandé par le général Annenkoff, ingénieur en charge de la construction du Transcaspien et le général Komarov, gouverneur du Turkestan russe, il profite du retour pour s'arrêter longuement et photographier avec bonheur la foule vivante des bazars et des marchés de Samarcande, Tiflis, Tachkent ou Boukhara, les chasses à l'aigle, les grands espaces sablonneux du désert de Kara-Koum, les mosquées, madrasas et mausolées dont les vestiges majestueux ou insolites jalonnaient les étapes de son voyage. En témoigne cette lettre adressée à sa mère: « Ta chère pensée ne me quitte pas petite mère, et j'ai le regret infini que ni toi ni papa ne connaissiez tout ce que je vois d'extraordinaire. J'en suis étourdi et il me semble que je suis transporté dans un pays de féérie et où tout est imaginaire tellement ce qui s'est déroulé devant notre train et ce que j'ai vu depuis mon arrivée est tellement différent et en dehors de tout ce que l'on peut supposer. » A son retour, la Société des Hautes Etudes Commerciales le sollicite pour une conférence sur la photographie. L'année suivante, en 1893, il devient l'agent en France de Eastman-Kodak. Paul Nadar, qui a utilisé des films souples lors de son voyage au Turkestan, pressent les développements de la photographie amateur, ouvre l'Office général de la photographie pour la commercialisation des nouveaux appareils à main, contribuant ainsi à l'avènement de la photographie moderne et obtenant également à ce titre la reconnaissance de son père. La multitude des clichés de son voyage au Turkestan témoigne avec force et étonnement de la rencontre entre un Occident en plein progrès technique et un Orient alimentant encore les rêveries des aventuriers. Mais surtout, ce premier reportage moderne en instantané augure l'importance du tournant que prend alors l'évolution de la photographie. L'Etat a acheté le fonds de l'atelier Nadar en 1951. Les négatifs ont été attribués aux Archives photographiques (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine) et les épreuves à la Bibliothèque Nationale de France. Bibliographie et expositions: Paul Nadar au Turkestan, exposition au Palais de Tokyo, 9 avril - 31 mai 1987. Paul Nadar. De la Turquie au Turkestan, Services culturels de la VakifBank, Exposition présentée par le Service des Archives Photographiques, Mission du Patrimoine Photographique, Ministère de la Culture et les Instituts Culturels Français en Turquie, Istanbul, 1990. Anne-Marie Bernard - Claude Malécot, L'Odyssée de Paul Nadar au Turkestan. 1890. Photographies de Paul Nadar, Centre des Musées Nationaux/ Monum, Editions du Patrimoine, Paris, 2007. Paul Nadar, de la Turquie au Turkestan (1890), expositions aux Centres culturels français de Tachkent (21 septembre - 6 octobre 2010) et Achgabat (15 - 31 octobre 2010).
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue