Antoine-Ignace MELLING (1763-1831)

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Antoine-Ignace MELLING (1763-1831)

Vue du petit Bent de Belgrade - Forêt des environs d'Istanbul - 1797 Aquarelle et gouache, signée et datée «f. par Melling, 1797» en bas à droite sur le montage et titrée au centre «Vue du Petit Bent de Belgrade» 37 x 67 cm Antoine-Ignace Melling représente, à son habitude, avec précision la réalité du site auquel son pinceau d'aquarelliste confère une atmosphère délicatement poétique. La forêt de Belgrade, qui touche Istanbul depuis les derniers moutonnements des Balkans, a toujours été le réservoir d'eau de la capitale ottomane. Byzantins et Ottomans y construisirent des petites retenues d'eaux et des aqueducs qui alimentent les fontaines d'Istanbul. La forêt giboyeuse fut un des lieux de chasse des Ottomans mais aussi des européens d'Istanbul. Celui-ci chasse au canard: l'anecdote confère comme toujours chez Melling charme et animation. La datation indique que Melling réalisa cette oeuvre à Istanbul avant son retour à Paris qui se situe en 1802. A la fin du XVIIIème siècle, l'artiste allemand Antoine Ignace Melling, dont s'est pris d'amitié Hadgigé princesse ottomane soeur du sultan Selim III, va pénétrer jusque dans le harem du Sultan de Constantinople. Melling témoignera d'une manière unique dans son ouvrage gravé Voyage Pittoresque de Constantinople et des Rives du Bosphore et publié à son retour des paysages et de la vie dans la capitale ottomane. Nos deux très rares aquarelles sont préparatoires à deux planches de cet ouvrage. I. Melling, l'architecte et la sultane C'est grâce à la protection qu'accorda Hadgigé, princesse et soeur du Sultan Selim III, qu'Antoine Ignace Melling put devenir le grand reporter de Constantinople au tournant des années 1800. Il était assez inconcevable à cette époque qu'une princesse du plus haut rang hébergea un artiste européen dans son palais puis que celui-ci put pénétrer à l'intérieur de Topkapi et du sérail du Sultan. L'ascension de Melling fut météorique: arrivé sur le Bosphore en 1784, il fréquente le monde des diplomates européens. C'est sur la recommandation du baron de Hubsch chargé d'aff aires du roi du Danemark que l'artiste dessine pour la Sultane un jardin en forme de labyrinthe. Puis Melling obtient la commande de plusieurs projets d'architectures (Pavillon) et de nombreux décors intérieurs. Selim III, le nomme architecte du Sultan et lui fait agrandir ses palais (Beschik-Tasch). Melling y introduit avec succès les canons de l'architecture néo-classique en remplacement du style Rococo européen alors en vogue au XVIIIème siècle. Melling dessine aussi pour la sultane: mobilier, bijoux, robes, ceintures, mouchoirs. (Il est conservé aujourd'hui une correspondance entre Melling et Hadgigé). II. La Disgrâce Les raisons de la disgrâce et de la rupture de Melling avec Hadgigé sont obscures, mais elles laissent l'opportunité au peintre durant deux années, dans des conditions matérielles difficiles toutefois, de dessiner les paysages de la ville (mosquées, fontaines) et du Bosphore, la vie du Palais de Topkapi, la sortie du Sultan à Cheval. III. Du dessin à la gravure: Le Voyage Pittoresque de Constantinople et des Rives du Bosphore A son retour à Paris, Melling (1802-1807) prépare la publication dans la tradition des Voyages du XVIIIème d'un ouvrage en deux volumes composé d'un recueil de texte et un recueil de planches descriptives gravées (48 vues et scènes sur Constantinople, Topkapi, le Bosphore) issues des observations de son séjour. Ils confient à des graveurs le soin d'exécuter les 48 planches d'après ses aquarelles originales tandis que le commentaire est rédigé par Melling luimême d'après ses souvenirs. Nos deux aquarelles, compte tenu de leur identité avec les gravures (Planche 21 et 32) parue dans le Voyage sont préparatoires à la publication de l'ouvrage de 1807. Elles témoignent d'une manière exceptionnelle des qualités qui étaient à l'époque reconnues à Melling: vérité et précision dans l'exécution. On y ajoutera un sens poétique des compositions, une atmosphère qui rappelle bien la lumière du Bosphore, un charme encore empreint de l'art du XVIIIème siècle. - L'une représente le quartier de Tophané (avec sa fontaine toujours existante aujourd'hui), à l'époque site d'une importante caserne d'artillerie ainsi que des fonderies du Sultan. Au premier plan, l'intense circulation des caïques sur les bords du Bosphore est responsable d'une collision entre deux bateaux. - L'autre montre, sur la rive asiatique du Bosphore de jeunes danseuses grecques dansant au son d'une guitare sur un orchestre, observé par trois vieux arméniens (reconnaissable à leurs bonnets). Au loin sur chaque rive les vieux châteaux de Mehmet II surveillent la passe à son plus étroit.
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