Gustave MOREAU(Paris 1826 - 1898 Paris)

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Gustave MOREAU(Paris 1826 - 1898 Paris)

Gustave MOREAU

(Paris 1826 - 1898 Paris)

Saint Sébastien découvert par Sainte Irène

Ca. 1869-1871


Huile sur panneau de bois Tachet

12,5 x 15 cm

Inscription au dos du panneau : « Gustave Moreau – esquisse – Narcisse ou le Christ aux Oliviers ».

Inscription au dos du panneau : « TACHET BREVETE A PARIS ».

Inscription au dos sur le montant du panneau : « Narcisse P. 15 ».

Provenance : Rouïba (Algérie), collection particulière puis par descendance au propriétaire actuel, Paris.

 

Peintre du rêve par excellence, Gustave Moreau se laisse parfois absorber, selon Ary Renan, « dans de pieuses images et pare les héros de l'Ancien Testament, les saintes figures et la Divinité chrétienne elle-même du plus merveilleux appareil »[1]. Durant une période s’étalant de 1867 jusqu’aux débuts des années 1870, l’artiste semble marquer un vif intérêt pour divers sujets religieux comme Le Bon Samaritain (illus. 01), la Pietà (illus. 02) mais également le martyr de Saint Sébastien (illus. 03). Faisant montre d’une profonde réflexion sur le corps alangui et ses tourments, il réalise ainsi de multiples compositions auxquelles se rattache indubitablement cette étude inédite. Représentant Saint Sébastien découvert par Sainte Irène, ce tableau adopte une structure revenant dans plusieurs œuvres peintes par Gustave Moreau à cette époque. Celle-ci se retrouve notamment dans Le Calvaire (illus. 04) ou encore dans les nombreuses scènes consacrées à l’hagiographie de saint Sébastien (illus. 05)[2]. Grand chantre du peintre, Ary Renan loue les mérites de son œuvre religieux et saisit parfaitement son approche. Selon lui, « Les tableaux de piété de Moreau ont le plus souvent de moindres dimensions, comme pour être placés dans un intime oratoire ». D’une taille effectivement réduite, ce panneau représentant Saint Sébastien découvert par Sainte Irène atteste du brio de l’artiste et de son aisance dans la réalisation de ce type de format contraint. Paré d’un simple pagne, le saint est dépeint choyant au pied d’une masse chromatique sur laquelle se dessine une frondaison, lieu de sa captivité et de son supplice. En fin coloriste, Gustave Moreau restitue toute l’horreur de la scène en laissant suinter son pinceau et en agrégeant une gamme de couleurs mêlant rouges et bruns. Il contrebalance celle-ci en peignant la partie gauche de sa composition dans des tons plus froids. D’un pinceau alerte, il opte pour une iconographie classique en choisissant de nimber sa représentation d’une ambiance nocturne et lunaire. Figuré sommairement à gauche, Sainte Irène se devine dans son vêtement bleu et rouge.

Le revers du tableau est également riche en informations sur sa matérialité. Il est peint sur un panneau Tachet[3] dont Gustave Moreau semblait grandement apprécier l’usage. Le 19 septembre 1845, Claude François Tachet, fabricant d'instruments de précision et de mathématique, dépose une demande de brevet pour la préparation dite « ouxhygrométrique » des bois. Selon son inventeur, cette technique permet de soustraire ceux-ci « aux influences atmosphériques ». En décembre 1851, après plusieurs certificats d’addition, Claude François Tachet renomme

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